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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:07

   Mises en cause dans la mortalité de nombreuses colonies en Italie du Nord, en avril 2008, puis un mois plus tard dans le sud de l’Allemagne, les poussières d’enrobage des semences de tournesol traitées au thiamethoxam, la molécule active du Cruiser, ont conduit les autorités de ces deux pays à suspendre ce pesticide d’une façon plus ou moins permanente.

   En France, le ministère de l’Agriculture se montre embarrassé : l’autorisation de traitement des semences de maïs par le thiamethoxam a été accordée sous surveillance de l’Afssa (l’agence française de sécurité sanitaire des aliments) en 2008. Et, depuis trois saisons de culture, cette molécule produite par Syngenta Agro SAS est reconduite d’année en année. Ce qui mécontente finalement tout le monde : les apiculteurs qui exigent son interdiction pure et simple ; l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) qui réclame un peu de cohérence : « Soit le produit est dangereux et il faut l’interdire, soit il a démontré sa sûreté vis-à-vis des abeilles et il doit être homologué pour dix ans, comme tout autres produits de protection des cultures », s’agace son président Christophe Terrain [1].

   pot d'adieu                                                                                              L'humour noir, une arme écologique efficace...  © FNE

   Incohérence ou lâcheté ? Pas si simple. Car, comme nous l’avons longuement montré dans notre ouvrage L’étrange silence des abeilles, il n’est pas aisé de prouver en plein champ la toxicité réelle de tel ou tel insecticide. Pour des tas de difficultés méthodologiques liées aux expérimentations de terrain. On peut démontrer, en laboratoire, qu’aux concentrations de résidus de ces néonicotinoïdes retrouvées dans les fleurs des cultures traitées, ces doses perturbent l’abeille (ses facultés d’apprentissage, d’alimentation ou d’orientation). Mais on parvient mal à reproduire in situ ces résultats de laboratoire. Et c’est bien ce qui laisse la porte ouverte au doute et aux polémiques.

   Est-ce à dire pour autant que le risque n’existe pas ? J’ai expliqué, dans mon ouvrage, pourquoi il me paraissait justifié que le doute sur la toxicité de ces produits profite à l’abeille ! Et c’est bien le fameux « principe de précaution », critiquée et parfois critiquable, qui a prévalu dans ces suspensions successives du Gaucho et du Régent TS. Et même, me semble-t-il, dans cette autorisation au coup par coup et très encadrée du Cruiser.

abeilles zoomManifestation apicole contre le Cruiser (© Thierry Bordas pour le quotidien La Dépêche)

 

 

 

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Published by Vincent Tardieu - dans Déclin des abeilles
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