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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 07:59

Une meilleure description des épisodes d’effondrement

   Une description précise vient (enfin) d’être publiée ce mois d’août par un groupe de chercheurs américains et belges sur les épisodes de CCD aux États-Unis [1]. Cette étude portant en fait sur des échantillons prélevés en 2007 reconnaît tout d’abord les confusions qui ont entaché les rapports successifs qui, depuis trois ans, retracent ces évènements d’effondrement et de disparition des colonies mellifères.


   Comme nous le révélons dans L’étrange silence des abeilles, l’alerte lancée par les professionnels et les chercheurs autour du CCD aux USA s’est accompagnée de confusions sur les symptômes et d’amalgames sur les pertes et l’affaiblissement des colonies. En outre, aucune quantification nationale fiable n’a pu être apportée jusqu’ici tant sur l’ampleur que sur la distribution géographiques de ce syndrome. Ce qui n’a pas empêché les médias du monde entier de présenter le CCD comme une menace extrême pour les ruchers américains, voire du reste de la planète. L’absence  de centralisation des données à l’échelle du pays et de moyens humains pour les vérifier expliquent très largement cet état de confusion. Mais certaines manipulations de l’opinion ont également conforté une telle situation, ne serait-ce que pour récupérer des aides publiques au soutien de l’apiculture et à la recherche sur ce syndrome aux États-Unis. Ce que nous détaillons dans notre livre.

 

Parmi les nombreuses actions de protection des abeilles aux États-Unis, le Service postal diffuse ce timbre créé par Steve Buchanan depuis l'été 2007, en soutien à la North American Pollinator Protection Campaign. Le NAPPC est une coordination d'associations naturalistes et d'instituts de recherche pour protéger les pollinisateurs d'Amérique du Nord.


   Les auteurs de cette étude ont retrouvé 3,5 fois plus de « colonies mortes » et 3,6 fois plus de « colonies affaiblies » dans les ruchers frappés par le CCD que dans les ruchers témoins (réputés sains). Et les scientifiques évoquent une « situation de contagion » aux colonies voisines par les colonies faibles ou mortes au sein des mêmes ruchers, laissant penser à « une exposition à un facteur de risque commun ». En clair, cela ressemblerait plus à une épidémie qu’à une contamination par pesticides, comme nous le rapportons dans les autres chapitres de cette série.

 

Cliquez sur l'icône pour télécharger cette étude (en anglais).


Demain 9 septembre, la suite :

La culpabilité des virus relancée ?

+ Un entretien exclusif avec May Berenbaum, responsable du département d'entomologie à l'Université de l'Illinois, sur les virus tueurs de l'abeille...



LA SÉRIE...

(1) UNE PREMIÈRE ÉVALUATION TROP ... RICHE ?
(3) LA CULPABILITÉ DES VIRUS RELANCÉE ? + ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC MAY BERENBAUM SUR SA NOUVELLE DECOUVERTE CONCERNANT LES VIRUS...
(4)  LE RÔLE DU MICRO CHAMPIGNON NOSEMA CERANAE DEMEURE INCERTAIN
(5) L’ACARIEN VARROA DESTRUCTOR N'EST PAS LE TUEUR UNIQUE.
(6) DES RÉSIDUS DE PESTICIDES AUSSI NOMBREUX QUE VARIÉS.
(7) COMBINAISONS EXPLOSIVES !
(8) DES  CARENCES NUTRITIONNELLES INQUIÉTANTES.
(9) UN MARQUEUR DU CCD BIEN ÉTONNANT !


[1] vanEngelsdorp D et al. (2009) “Colony Collapse Disorder: A Descriptive Study. ” PLoS ONE 4, 8 (sous presse). Divers prélèvements d’abeilles et observations ont été effectués entre janvier et février 2007  pour cette étude, issues de 91 colonies réputées saines ou affectées par le CCD appartenant à 13 ruchers de Californie et de Floride. De nombreuses recherches de pathogènes et de contaminants chimiques, ainsi qu’une évaluation morphométrique, des stocks alimentaires et des teneurs en protéine chez l’insecte, a été conduite in situ et en laboratoires.

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Published by Vincent Tardieu - dans Déclin des abeilles
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commentaires

physics dissertation 26/10/2009 13:13


Blogs are so informative where we get lots of information on any topic. Nice job keep it up!!


Vincent Tardieu 26/10/2009 13:20


Thanks a lot !


cielnature 09/09/2009 07:39

Dans le dos de Borloo et en dépit des désirs de l’UNAF les abeilles meurent en ville.
http://www.eauseccours.com/article-33688680.html (avec photos et vidéos)

A Paris comme dans d’autres villes, les abeilles peuvent mourir pour des idées
http://www.eauseccours.com/article-35235467.html (avec photos et vidéos)

Qu'en pensez-vous?

Vincent Tardieu 09/09/2009 10:02


Je dois vous dire que depuis la multiplication des installations de ruches sur les toits des bâtiments publics dans plusieurs grandes cités, je m'interroge.
Je m'interroge sur le sens donné et à donner à ce type d'opération. J'ai observé, comme vous, que les "bilans" avancés par les initiateurs de ces implantations urbaines faisaient état non seulement
de productions de miel abondantes, mais d'analyses toxicologiques flatteuses.
La diversité et la permanence de ressources florales dans les villes offrent, en effet, une alimentation régulière à nos chères butineuses. Plus étonnant, les teneurs de résidus toxiques demeurent
faibles, ou du moins inférieures aux concentrations observées dans les ruches rurales... Mais je ne me base que sur les résultats d'une saison (2008) d'un seul rucher urbain (celui créé sur le toit
de l'Hôtel de région du Languedoc-Roussillon).
Est-ce à dire que l'on traite moins en ville qu'à la campagne ? qu'à la faveur de cette diversité des sources urbaines de pollen et nectar, la pollution est davantage diluées que dans les espaces
cultivées ? que ces traitements par les citadins interviennent à des périodes limitées dans l'année ? Je m'interroge. Et les réponses recueillies sur le sujet ne m'ont guère éclairées sur ce point.
Mais je dois vous avouer aussi que je ne me suis point focalisé, lors de mon enquête, sur ce phénomène urbain que je considère tout de même comme étant bien anecdotique.
Cette opération me paraît avant tout médiatique. Et j'ai toujours été un peu mal à l'aise avec cette campagne. Car enfin, quel est l'objectif de cette opération d'implantation de ruches en milieu
urbain ? Sensibiliser les hommes des villes aux petits animaux des champs ? Soit, mais cet engouement du public pour de telles initiatives (et des collectivités pour les financer), témoigne à
l'évidence d'autres réalités. De la perte de "ruralité" des urbains d'aujourd'hui, de leurs racines, etc. - on a tous dans nos familles, c'est bien connu, un parent qui jadis vivait sinon
travaillait à la campagne... Une nostalgie ? Un désir de nature ?
Je peux comprendre l'intérêt et la curiosité du public. Et celle de leurs représentants à les satisfaire. Je comprend moins bien, en revanche, la démarche des organisateurs de telles implantations
: que veulent-ils signifier et à qui ? que le salut de l'apiculture est urbain ? Qu'il n'y a point d'avenir en milieu rural, trop pollué, trop pauvre en ressources floristiques ? J'ai toujours
apprécié les paradoxes, mais celui-ci me paraît un peu... court. Car, une fois que les toits de toutes les mairies, hôtels de région ou de département, et autres palais de la République
bourdonneront de concert, que feront-ils pour redéployer les colonies mellifères à la campagne ? Quelles initiatives seront prises par ces mêmes organisateurs pour soutenir les populations de
pollinisateurs sauvages, elles aussi de formidables "sentinelles de l'environnement" ? Je reste perplexe.
Merci en tout cas pour votre commentaire.
Vincent Tardieu


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