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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 07:58
La culpabilité des virus relancée ?

    Comme nous l’expliquons dans notre livre, jusqu'ici la piste virale n’était pas retenue par la plupart des spécialistes du CCD pour expliquer les effondrements observés. Et ce nouveau rapport n’apporte rien de plus sur le sujet. Ainsi, sur la bonne vingtaine de virus retrouvés dans les ruches américaines depuis deux ans, les virologistes du Centre biochimique d'Edgewood qui travaille pour la Défense américaine rappellent ici qu'ils ont découvert dans deux colonies un tout nouveau virus – passé totalement inaperçu - transmis par l’acarien  Varroa destructor dans les colonies du Nord du pays. Baptisé VDV-1 (pour virus V. destructor), celui-ci a été identifié pour la première fois en Europe en 2006.  Porté à la fois par l’abeille A. mellifera et par l’acarien qui l’infecte, il est rattaché à la famille des virus paralytiques. Il ne serait toutefois pas responsable du CCD, selon eux.

 

La coloration noire et brillante chez certaines abeilles - au centre de la photo - est due à la perte de leur pilosité, du fait d'un virus qui infecte notamment les cellules du ventricule et du système nerveux de l'abeille. Cette « maladie noire » et de « l'abeille noire » (à ne pas confondre avec le nom, identique, d’une race d’abeille) est parfois appelée « mal de mai » ou « mal des forêts ». (© Rucher Orgival  )
 

   Pas plus responsable d'ailleurs que le fameux IAPV (Israeli Acute Paralysis Virus) qui a défrayé la chronique américaine en 2007 : plusieurs données que nous exposons dans L'étrange silence des abeilles montrent que ce virus de la paralysie aiguë, décrit par une équipe de Jérusalem en 2002, ne peut être considéré comme le killer numéro un des abeilles mellifères – ni des espèces sauvages, alors que ce dernier semble capable de les infecter. Ne serait-ce parce que l’équipe de l’USDA du Maryland a montré qu’au moins une des trois ou quatre souches de ce virus identifiées aux USA était présente sur le territoire américain plusieurs années avant les effondrements de ruchers (CCD). En outre, de part et d’autre de l’Atlantique, l’IAPV n’est pas toujours relié à des mortalités ou à des disparitions brutales et massives d’abeilles. Cela s'explique-t-il par la découverte faire par Diana Cox-Foster à l’Université de Pennsylvanie (PSU) ? Cette virologiste de l'abeille a en effet identifié que certains génotypes d’abeilles mellifères américaines sont capables de tolérer l’IAPV et d’autres virus. À suivre donc.

 

   Plus troublante est la toute nouvelle étude de l'Université de l'Illinois, à Urbana-Champaign, encore sous presse, qui relance avec force la piste virale. Le groupe de May Berenbaum publie en effet dans la livraison du 1er septembre de la revue PNAS des résultats qui vont faire grand bruit. Car ils apportent la preuve qu'une forte infection de plusieurs virus entraîne des dérèglements majeurs dans la physiologie de l'abeille. Et ces dérèglements sont de nature à expliquer les effondrements des colonies (CCD)...

  

   Pour découvrir ce mécanisme viral, lisez notre entretien exclusif avec May Berenbaum, et notre analyse de ses travaux.


Demain 10 septembre, la suite : Le rôle du micro champignon Nosema ceranae demeure incertain


LA SÉRIE...

(1) UNE PREMIÈRE ÉVALUATION TROP ... RICHE ?
(2) UNE MEILLEURE DESCRIPTION DES ÉPISODES D'EFFONDREMENT (CCD)
(4)  LE RÔLE DU MICRO CHAMPIGNON NOSEMA CERANAE DEMEURE INCERTAIN
(5) L’ACARIEN VARROA DESTRUCTOR N'EST PAS LE TUEUR UNIQUE.
(6) DES RÉSIDUS DE PESTICIDES AUSSI NOMBREUX QUE VARIÉS.
(7) COMBINAISONS EXPLOSIVES !
(8) DES  CARENCES NUTRITIONNELLES INQUIÉTANTES.
(9) UN MARQUEUR DU CCD BIEN ÉTONNANT !

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Published by Vincent Tardieu - dans Déclin des abeilles
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commentaires

brouillet 21/09/2009 09:07

seul,l'apiculteur qui auprés de ses ruches toute la journée, voit cet insecte seul ou en groupe ,avec un culot inimaginable se servir sur la planche d'envol ou attraper l'abeille envol,et meme jouer à cache cache avec l'apiculteur;je pense que ce n'est pas une goutte d'eau,c'est une douche froide !

brouillet 20/09/2009 17:55

en plus des maladies et des produits Monsanto qui se déposent sur la rosée du matin partout sur la planete,dans le sud ouest de la France est apparu le frelon asiatique,tres friand des abeilles et si l'on ne defend pas la ruche elle sera vidée en queques semaines,tout est question de distance avec le nid;peut etre que le prochain congrés Apimondia aportera une solution....

Vincent Tardieu 20/09/2009 21:18


Je doute que le congrès d'Apimondia puisse apporter une solution quelconque à une espèce de frelon déjà bien envahissante - il a déjà été identifié dans 25 départements français, pour l'essentiel
de l'ouest et du sud-ouest. Et compte-tenu du manque de données sur le comportement (notamment vis à vis des abeilles sauvages et d'élevage) et sur la démographie de cette espèce introduite depuis
peu - sans doute en 2004 - l'urgence me semble être surtout d'approfondir nos connaissances sur cet insecte potentiellement nuisible pour l'abeille. Ceci en multipliant les études de terrain, les
observations et le suivi des colonies identifiées. Ce qui n'exclut pas de protéger un rucher par piégeage sélectif des frelons asiatiques, voire par la destruction d'un nid de ce prédateur
d'abeilles, lorsqu'il menace sérieusement la survie d'un rucher mellifère. Pour l'heure, j'ai toutefois l'impression que les dégâts sont surtout locaux, dans plusieurs départements du sud-ouest. Et
que ce nouvel envahisseur constitue en quelque sorte la goutte qui fait déborder le vase des apiculteurs déjà plein de problèmes et de menaces...


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