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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 07:53
Combinaisons explosives !

   Les très nombreux résidus de pesticides découverts à l'ombre des ruches ne permettent pas d'expliquer partout et à eux seuls les effondrements de colonies observés à l’échelle des États-Unis. Pas plus en France d’ailleurs ou dans le reste de l’Europe. Responsables mais pas seuls coupables ? De même que Varroa destructor, Nosema ceranae ou les nombreux virus de l’abeille, retrouvés en quantité très variable aussi bien dans les ruches malades (CCD) que saines (témoins) ? 

                                                                                                                     © Arehn / Picasa Album

   « Comme toutes études descriptives, nous ne pouvons tirer aucune conclusion définitive concernant les facteurs qui contribuent ou pas, ou causent le CCD, concluent en août les auteurs de l’étude des colonies de 2007 [1]. Toutefois nos résultats nous permettent de dresser plusieurs constats (...) Alors que nous n’avons pas retrouvé un agent pathogène unique dans toutes les colonies frappées par le CCD, et bien que les abeilles issues de colonies à CCD étaient infectées par plus de pathogènes que leurs comparses provenant de colonies saines (témoin), nous suspectons que ces infections pouvant causer les symptômes d’effondrement sont ici secondaires et [que le CCD] résultent d’autres facteurs ou d’une combinaison de facteurs qui réduit la capacité des abeilles à contrôler ces agents pathogènes. » En clair, il n'y a pas un seul tueur d'abeilles, mais une bande de scélérats qui agissent de concert ! À l’appui de leur hypothèse qui s'impose aujourd'hui dans la plupart des laboratoires occidentaux, ces chercheurs notent que les colonies des ruchers frappés par le CCD en 2007 présentaient 2,6 fois plus de co-infections (par quatre virus ou plus, et les microsporidies Nosema ceranae) que celles des ruchers témoin.


L'acarien Varroa destructor © M.E.B de G.Chauvin


                                   Le micro champignon Nosema (ici,N. apis)

   C’est à présent évident : ce sont des synergies, parfois subtiles, entre plusieurs facteurs délétères pour la santé des pollinisateurs qui explique ce dépérissement. Et le déclin des abeilles d’élevage semble bel et bien découler des combinaisons entre certains pesticides, les parasites Varroa destructor et Nosema ceranae, voire certaines conduites apicoles comme les migrations intensives aux USA. À moins qu'il s'agisse de l'action conjuguée du varroa et des virus de l'abeille, comme nous l'assure l'équipe de May Berenbaum dans son entretien.

 

   Sur les pratiques dites intensives d'une certaine apiculture, disons deux mots. Jeff Pettis de l’USDA du Maryland et son collègue de Pennsylvanie, Dave vanEngelsdorp, confirment dans ce nouveau rapport d'étape les données que nous publions dans L’étrange silence des abeilles sur le stress des abeilles lors des transports de colonies pour remplir des contrats de pollinisation. À savoir que le couvain (rayons où se développent les larves d’abeilles) des colonies empilées sur des semi-remorques et voyageant entre la Californie et la Floride présente une élévation de leur température de 2 à 3 °C. Et leur mortalité est dix fois supérieure (jusqu’à 30 % de pertes) à celle des colonies restées en Californie.

 

   Précisons enfin que les combinaisons entre facteurs délétères pour l’abeille évoluent selon les ruchers, les années et les saisons. Ils se conjuguent également avec des processus d’amplification ou de contrôle des maladies et des intoxication, encore mal étudiés et compris,  mais spécifiques aux colonies d’insectes sociaux.  Inutile dans ces conditions de vouloir attribuer à un seul scénario des pertes de nature fort diverses. Je vous renvoie à notre ouvrage pour mieux comprendre l’ensemble de ces mécanismes très étonnants.


Demain 14 septembre, la suite : Des carences nutritionnelles inquiétantes

 

LA SÉRIE...

(1) UNE PREMIÈRE ÉVALUATION TROP ... RICHE ?
(2) UNE MEILLEURE DESCRIPTION DES ÉPISODES D'EFFONDREMENT (CCD)
(3) LA CULPABILITÉ DES VIRUS RELANCÉE ?ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC MAY BERENBAUM SUR SA NOUVELLE DÉCOUVERTE CONCERNANT LES VIRUS...
(4) LE RÔLE DU MICRO CHAMPIGNON NOSEMA CERANAE DEMEURE INCERTAIN
(5) L’ACARIEN VARROA DESTRUCTOR N'EST PAS LE TUEUR UNIQUE.
(6) DES RÉSIDUS DE PESTICIDES AUSSI NOMBREUX QUE VARIÉS.
(8) DES  CARENCES NUTRITIONNELLES INQUIÉTANTES.
(9) UN MARQUEUR DU CCD BIEN ÉTONNANT !


[1] vanEngelsdorp D et al. (2009) op. cit.

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Published by Vincent Tardieu - dans Déclin des abeilles
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commentaires

click 05/09/2014 14:37

CCD in the United States is a good reading about the awareness and making the people know about the difficulties and responsibilities required in every aspects of like. It includes the farming, the source of living.

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