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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 16:04
Activité absurde et en péril

© Jean-Luc / Picasa album

   En dix ans, l’amande est devenue la première source d’exportation agricole de ce puissant État américain, qui lui rapporte plus de 40 milliards de dollars chaque année. C’est dire si la pénurie de pollinisateurs depuis 2005 inquiète arboriculteurs, exportateurs et agronomes. Aujourd’hui, cette lucrative monoculture paraît menacée. Menacée et surtout peu « durable », ni pour les apiculteurs ni pour les arboriculteurs.

   Au fil des ans, ce modèle agricole totalement artificiel s’est en effet grippé. Connaissant une extension irrésistible, ces vergers industriels dont la surface totale a été multipliée par sept en quarante ans ont transformé cet immense espace rural en désert apicole onze mois sur douze. Les populations locales d’abeilles sont à présent exsangues. Or, les colonies mellifères du pays, soumises depuis plusieurs années à divers stress, intoxications et maladies, manquent à présent à l’appel. Pire, sur place, dans cette promiscuité inouïe, elles échangent leurs miasmes morbides qu’elles dispersent ensuite aux quatre coins du pays. Une vraie tornade épidémique ! Leur déclin oblige les éleveurs commerciaux à importer chaque année d’Australie des milliers de colonies clé en main, et les arboriculteurs à réduire sensiblement leurs surfaces à polliniser. Aberrant !

© Eric Isselée - Fotolia.com

À chaque mois de février, une noria incessante de plus de 2 000 semi-remorques, chargés de près des deux-tiers des ruches du pays, convergent vers la Vallée centrale californienne. C’est la plus vaste migration de travailleurs au monde. Plus de 4 000 km pour venir de la côte est des États-Unis : ce pèlerinage sur deux jours n’a rien d’une croisière de luxe ni d’un voyage d’agrément. Et les premières évaluations conduites par Jeff Pettis de l’USDA du Maryland et son collègue de Pensylvanie, Dave vanEngelsdorp, confirment les données que nous publions dans L’étrange silence des abeilles sur le stress des abeilles lors des transports de colonies pour remplir des contrats de pollinisation. Le couvain (rayons où se développent les larves d’abeilles) des colonies voyageant entre la Californie et la Floride présente une élévation de leur température de 2 à 3 °C, et leur mortalité est dix fois supérieure à celle des colonies restées en Californie.

LA SUITE :


(1) INTRODUCTION.
(3) UN PROBLÈME DE GESTION DU TERRITOIRE RURAL.
(4) RECOURIR AUX POLLINISATEURS SAUVAGES.
(5) LES ESPÈCES SAUVAGES SONT-ELLES MOINS MENACÉES  QUE L’ABEILLE D’ÉLEVAGE ?
(6) DES ESPÈCES SAUVAGES DÉJÀ EXPLOITÉES POUR L’AGRICULTURE.
(7) LA SUBSTITUTION ENTRE ESPÈCES EST-ELLE SI PERTINENTE ?
(8) COMPLÉMENTAIRES, IL FAUT PRÉSERVER TOUTES LES SORTES D'ABEILLES.

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Published by Vincent Tardieu - dans Espace rural et pollinisateurs
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