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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 03:09

  Un crû honorable

   Du monde, beaucoup de monde – les organisateurs laissaient entendre samedi qu’environ 7 000 congressistes étaient présents à Montpellier pour cette 41e édition du congrès mondial de l'abeille. Du monde et du beau monde, venu de nombreux continents. Coloré et joyeux, Apimondia fut un plaisant mélange de kermesse apicole géante et de colloque scientifique plus classique. Les rencontres, entre éleveurs de régions et de pays parfois fort éloignés, mais aussi entre professionnels et chercheurs furent propices. Pourtant, elles n’ont pas toujours eu lieu car dans cette ruche de béton pourpre du Corum de Montpellier chacun avait tendance à se presser et se croiser, courant d’une session à l’autre ou après un intervenant.

    Mon regret : l’absence de plusieurs conférenciers annoncés venant de Chine ou d’Amérique latine. Ils n’auraient finalement pas trouvé le financement de ce voyage transcontinental ou auraient reculé devant une méchante rumeur d’épidémie galopante en France du virus H1N1 ! Aussi, personnellement, je reste sur ma faim après cinq jours de ce congrès mondial de l’abeille. C’est que n’ayant pu me rendre dans ces lointains pays pour étayer mon enquête sur le déclin des abeilles, j’espérais bien me rattraper à l’occasion d’Apimondia...

    Il n’empêche, je crois que les thèmes mis en débats, de nombreuses présentations et la foule réunie au sein du colloque comme autour des stands extérieurs sur l’Esplanade du cœur de Montpellier, constituent une incontestable réussite. Désormais, plus personne en France ne peut ignorer que l’abeille est en difficulté dans une grande partie du monde et que cet insecte ne fait pas que produire du miel, mais assure aussi un service gracieux de pollinisation des plantes à fleurs indispensable pour les cultures et la biodiversité. Et ça, c’est déjà un progrès !

Henri Clément, apiculteur en Lozère, préside le principal syndicat apicole, l'UNAF, qui a organisé APIMONDIA à Montpellier (© UNAF/Apimondia)

 

LA SÉRIE...

2- Un dépérissement qui se confirme et s'internationalise.

3- Même tendance pour les abeilles sauvages.

4 - L'enterrement du tueur unique.

5- Revoir les pratiques apicoles trop intensives.

6 - Assurer une diversité mondiales des abeilles mellifères... et des apicultures.  

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Published by Vincent Tardieu - dans Apimondia
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commentaires

Thierry BATARD 23/11/2009 09:06


Disparition des abeilles et nord magnétique

Cher Monsieur,
Après vous avoir entendu ce matin sur RFI et grandement apprécié votre effort d'objectivité sur le sujet très polémique de la disparition des abeilles, je me suis dit que vous étiez une personne de
choix à qui adresser une question (peut-être très naïve) que je me pose depuis quelques temps : et si la disparition des abeilles avait un rapport avec la migration du nord magnétique, sachant que,
d'après ce que j'ai pu lire, les abeilles se dirigent grâce au champ magnétique terrestre ?
D'avance, merci de me dire si cette hypothèse vous paraît farfelue ou non.
Bien cordialement,
Thierry BATARD


Vincent Tardieu 23/11/2009 10:55



Thierry Batard, merci bien pour vos appréciations si bienveillantes. Concernant cette piste du "nord magnétique", ne croyez pas être totalement à côté de la plaque. D'autres avant vous, et
certains chercheurs anglo-saxons, ont avancé l'hypothèse que des perturbations du champ magnétique - consécutives à des évolutions géophysiques - pouvaient expliquer les pertes d'orientation des
abeilles et leur disparition de certaines ruches. Je me suis donc posé moi-même la question au moment de mon enquête et j'ai interrogé plusieurs chercheurs anglais et américains sur le
sujet,  et j’ai lu différentes publications. J’en suis venu à la conclusion que les deux phénomènes (modifications du champ magnétique et perte d'orientation des abeilles) n'étaient pas de
la même ampleur ni agissaient sur le même pas-de-temps : l'un est un phénomène physique à long terme, qui n'est ni soudain ni brutal ; l'autre, la disparition des abeilles, est au contraire bien
plus rapide et subit. En outre, le champ magnétique n’est qu’un paramètre du système de navigation des abeilles où le soleil et son rayonnement jouent un rôle tout à fait clé. Ainsi, voici ce que
Joseph L. Kirschvink de la Division of Geological & Planetary Sciences du California Institute of Technology (Caltech) me répondait le 8 mai 2008 à cette question : « Oui, les
abeilles sont capables de détecter des évolutions mineures du champ magnétique. (...) Mais enfin le champ magnétique terrestre n’a pas changé son
modèle de variation significativement sur les quelques centaines dernières années, alors que ce syndrome d’effondrement des colonies américaines (CCD) est rapporté depuis 3 ou 4
ans... ».



le dain thierry 03/10/2009 12:01


Abandons de ruchers vecteurs de loque et mauvais etats sanitaires de ruchers professionnels
je considere, au moins pour mon experience personnelle et pour mon secteur geographique(queven 56530 morbihan)que l'apiculture aujourd'hui est victime de mauvaise pratique apicole.je possede
environ 160 photos de ruchers en tres mauvais etats et vecteurs de maladies.les services veterinaires manquent certainement de moyen et peut etre meme de bonnes volontés.qu'en pensez -vous?


Vincent Tardieu 03/10/2009 12:12


J'ai eu plusieurs discussions avec des éleveurs d'abeilles d'importances et pratiques très diverses au cours de mon enquête, et notamment depuis que je la présente au grand public dans différentes
villes de France. Plusieurs d'entre eux m'ont fait part de critiques et (auto)critiques similaires sur certaines pratiques apicoles peu compatibles avec un élevage durable, favorisant la diffusion
de maladies dans les ruchers voisins. Ces mauvaises pratiques apicoles existent à l'évidence et elles s'ajoutent aux problèmes de pathologies et de contaminations toxiques que rencontrent
l'ensemble des colonies d'abeilles. Je ne pense pas toutefois - au vu des pratiques sanitaires observées chez de nombreux professionnels - qu'elles peuvent en expliquer l'ampleur à elles seules, je
n'ai pas de visibilité suffisante là-dessus. Quant aux rôles des services sanitaires et inspecteurs apicoles volontaires, ils me paraissent effectivement manquer de moyens humains et financiers en
France, voire parfois de compétence, pour évaluer les problèmes sanitaires de tel ou tel ruchers. Et il me paraît clair que le renforcement de cette veille sanitaire de terrain est une urgence dont
devra se saisir le prochain Institut technique de l'abeille qui doit renaître de ses cendres d'ici à la fin de l'année.
Merci en tout cas pour votre commentaire. 


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