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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 03:08

Un dépérissement qui se confirme...

Parmi les temps forts de cette grande messe au chevet de l’abeille d’élevage, citons la communication de l’entomologiste hollandais Jacobus Biesmeijer travaillant à l’Université anglaise de Leeds. S’appuyant sur une étude à venir de la revue Apidologie sur l’état du cheptel apicole européen de ces vingt dernières années, ce brillant écologue a souligné que les colonies d’A. mellifera ont essuyé un recul de 11,2 % en moyenne (+ ou – 5,9 %) pour l’ensemble de l’Europe occidentale. Cette baisse, que nous relations déjà dans L’étrange silence des abeilles, serait plus marquée en Europe centrale (- 23,3 %, +/- 4,9 % entre 1985 et 2005), alors que pour ce qu’il nomme curieusement l’Europe périphérique (l’Espagne ou l’Irlande, par exemple), les élevages auraient, au contraire, augmenté de + 5,9 %. Question de climat plus favorable ? D’un investissement apicole particulier et plus récent ? Le cas de la Turquie, qui arrive en tête avec l’Espagne dans l’espace européen par le nombre de ses colonies, semble l’indiquer. Sans doute s’agit-il d'un effet conjugué de ces deux facteurs. 

                                                                                                                                       © Framboise Roy / Picasa album

   Plus significatif peut-être que l’évolution des effectifs de colonies – fixés, rappelons le, par les éleveurs et donc susceptibles de varier fortement au cours de l’année et d’une année sur l’autre – est la baisse conjointe du nombre d’apiculteurs dans toute l’Europe depuis vingt ans. Celle-ci est très nette : - 30 % en Europe occidentale, - 36,6 % en Europe centrale  et – 18,6 % en Europe périphérique.

   On a ainsi pu entendre Eli Åsen raconter comment l’association des apiculteurs de Norvège l’avait recrutée pour tenter d’enrayer la chute vertigineuse du nombre d’éleveurs dans cette région septentrionale. Une baisse marquée par l’abandon de quelque 200 apiculteurs chaque année en Norvège, et de façon moins sévère en Suède et en Finlande. « En 2006, nous avons lancé un programme de recrutement national après avoir analysé les causes de ces abandons. Nous avons multiplié les actions de sensibilisations et les aides en matériels pour ceux qui acceptent de s’installer. Et j’ai le plaisir de vous annoncer qu’en 2008 cette érosion a été stoppée et que nos effectifs remontent lentement. » résume fièrement cette consultante norvégienne.

   Cette baisse des exploitants en Europe et aux États-Unis – surtout parmi les petits éleveurs – s’accompagne néanmoins, dans la même période, d’une croissance des productions de miel. La raison d’un tel paradoxe ? Sans doute l’amélioration des techniques d’exploitation, mais aussi l'agrandissement des cheptels par les "grands" éleveurs, lesquels produisent alors davantage de miel.

 

... et s’internationalise : l’exemple du Proche-Orient.

   Hors des pays occidentaux, quelques chercheurs des pays du Sud ont rapporté des nouvelles inédites sur le front apicole : inquiétantes, là aussi. Ainsi le Jordanien Nizar Haddad a présenté une synthèse de l’état sanitaire des cheptels de la région (Jordanie, Syrie, Palestine, Irak, Liban). Dans son pays, ce représentant de l’Unité de recherche sur l’abeille à Baq’a indiquait qu’« en 2007, les pertes recueillies s’élevaient entre 22 et 45 % des colonies selon les sites, contre 20 % en moyenne en 2008. » En 2007, ce même chercheur a fait état de 60 % de mortalité des colonies de Palestine, de 80 % dans les ruchers syriens et jusqu’à 85 % du cheptel en Irak. Colossal ! Mais « ces données doivent faire l’objet de recoupements par des inspecteurs apicoles car il s’agit d’une compilation à partir des déclarations d’éleveurs, et elles n’ont pas toutes fait l’objet de publications scientifiques », temporise-t-il. De son côté, Victoria Soroker du département d’entomologie de l’Institut de protection des plantes d’Israël a fait état d’une perte moyenne, l’an dernier, de 25 % des colonies du pays.                                                                                    Un apiculteur en Syrie © Gilles Fert

   La tendance au déclin des colonies d’Apis mellifera, observée déjà en Europe et en Amérique du Nord, se confirme donc plus à l’Ouest. Parmi les causes avancées pour expliquer une telle hécatombe en Jordanie, Nizar Hadda a d’abord cité la multiplication des infections par divers virus, par l’acarien Varroa destructor ainsi que par les micro champignons Nosema – sans pouvoir faire, précisait-il, une corrélation systématique entre ces pathogènes et les pertes de colonies. Sa collègue israélienne dresse un diagnostic comparable, à la suite de prélèvements effectués chez 58 éleveurs d’abeilles. Ils ont aussi précisé que le syndrome du CCD décrit aux États-Unis (caractérisé par une disparition massive d’ouvrières) s’applique dans 40 % des cas de pertes rapportées par les éleveurs de l’État hébreux et dans près de 25 % des cas jordaniens. L’importation régulière de reines – notamment de Russie – pourrait favoriser au Proche-Orient le développement de maladies nouvelles. Il semble d’ailleurs que ces dernières soient particulièrement fragiles et s’infectent très vite. Le manque de pollen au sein des plantes poussant dans les sites éloignés du littoral et soumis à de fortes sécheresses ces dernières années, expliquerait également ces pertes élevées. En outre, les éleveurs ayant dû apporter des compléments alimentaires à leur cheptel, ils n’ont pu irradier au préalable ces aliments. Résultat, le spécialiste jordanien soupçonne que ces compléments aient transmis certains pathogènes et intoxiqué des colonies locales. Enfin, des colonies déplacées dans le désert pour seulement trois semaines – le temps de floraison d’une plante très mellifère dont je n’ai pas eu, malheureusement le temps de noter le nom...-  auraient pu éprouver un stress important. Sans compter que cette apiculture manque de moyens à l’échelle des pays du Levant pour changer de reines et les cires chaque année, et permettre un bon développement des colonies.

 

LA SÉRIE...

1 - Un crû honorable.

3- Même tendance pour les abeilles sauvages.

4 - L'enterrement du tueur unique.

5- Revoir les pratiques apicoles trop intensives.

6 - Assurer une diversité mondiales des abeilles mellifères... et des apicultures.  

 

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Published by Vincent Tardieu - dans Apimondia
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commentaires

j dayras 14/10/2009 20:45


Re bonjour,
oui M Chaudiere est un genial bricoleur je le connais depuis plus de 15 ans mais actuellement les multi manipes faites dans les ruches stesse les abeilles comme ex je recois 2000 enfants pendant la
periode apicole les 6 ruche de demonstration ne resistent pas les abeilles refont automatiqurment un nouvel ellevage apres avoir suppimer la reine. ensuite zero zero.....
savez vous que les criquets ont ete traité par nozema en afrique (plus de criquet) mais les spores sur le toit des voitures à Paris
comme dit Borneck les champignons des jour la foret en est pleine d autres jourrs rien . pour ma part je pense que nos ennuis sont cyclique sur 3 ans ;en 1982 nous savions deja que toutes maladies
+ varoitose = mort de la pupe
bien amicalement j d


jacky dayras 12/10/2009 21:30


bonjour j ai lu votre livre avec plaisir en ce qui concerne m chaudiere et sa pratique apicole il ne faut pas gratter, la ruche a developpement horizontal existe depuis belle lurette inventée par
layens
apres francois huber inventeur de la ruche a feillets, tout a ete cree .les apiculteurs sont avant tout de secrés bricoleurs
bien amicalement j dayras


Vincent Tardieu 13/10/2009 16:04


oui, nombre d'apiculteurs, et depuis fort longtemps, expérimentent divers types de ruches, mais l'Extensible mise au point par Maurice Chaudière ne se limite pas à une simple horizontalité : par
des aménagements et de nombreuses manipulations des cadres, il parvient à élever deux reines et à éliminer une grande partie des varroas... Merci pour votre message.


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