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Vendredi 12 novembre 5 12 /11 /Nov 14:26

   La disparition des abeilles ne fait plus la "une" des médias, et pourtant elle se poursuit. Cette année 2010 confirme les tendances au déclin enregistrées les années précédentes au sein des ruchers d'abeilles mellifères dans de nombreux pays occidentaux et du Moyen-Orient.

   En mai dernier, je vous révélais les données aux USA sur les dépeuplements de leurs colonies : il était estimé en ce début de printemps à 33,8 %. Une confirmation donc, voire même une aggravation, après les pertes de 29 %, 35,8 % et 31,8 % enregistrées les trois printemps précédents. Cette véritable série noire mêle à des fortes mortalités au sein des ruches, des disparitions mystérieuses et brutales de colonies. Un phénomène encore mal expliqué que l’on a appelé en 2007 le “Syndrome d’effondrement de la colonie” (CCD). Et le nombre d'exploitants affectés par ces différentes formes de pertes a même augmenté de 23 %, par rapport à 2009, la majorité d'entre eux estimant ce phénomène totalement « anormal ».

Guepes et Pollinisateurs tropicaux.jpg              Collection de guêpes pollinisatrices © V. Tardieu

   La France ne s'en tire guère mieux : selon les toutes premières données rassemblées par le nouvel Institut de l'abeille (ISTAP), encore en cours d'analyses et non officielles, les ruchers de quelques 138 apiculteurs témoins ont connu durant l'hiver 2009-2010 une perte moyenne de leurs colonies d'environ 25 %. Pire que l'an dernier (23,31 %), et un peu mieux qu'au printemps 2008 (29,35 %). Il reste que le taux de réponses retournées à l'ISTAP par ce panel d'apiculteurs est plus bas que les deux années précédentes.

   Le 12 novembre, c'est le journal francophone libanais  L'Orient-Le Jour qui rapportait les derniers chiffres de perte au Liban, où vivent 4 100 apiculteurs et quelque 167 000 colonies d'élevage. Ce dépeuplement moyen s'élèverait, cette année, à 30 % des colonies et la baisse de production en miel serait proche de 70 %, d'après le professeur à l'Université libanaise Dany Obeid.  Des températures anormalement élevées ont été mise en avant par le ministère de l'agriculture. « Il y a également l'usage incontrôlé et chaotique des pesticides » a dénoncé le ministre Hajj Hassan, qui a pris l'exemple d'arboriculteurs effectuant jusqu'à dix-huit traitements phytosanitaires sur des agrumes. « Comment voulez-vous que les abeilles survivent à cela ? Ces produits tuent les insectes utiles autant que les nuisibles. » a-t-il ajouté, alors que son ministère tente de réformer ces usages et de reconstruire l'administration agricole localement.

   Si le maintien de nombreux pathogènes (l'acarien Varroa destructor et le micro-champignon Nosema ceranae) et la découvertes de nouveaux virus sont régulièrement pointés du doigt ici et là, les conséquences néfastes de l'agriculture industrielle, et en premier lieu l'usage des pesticides et la destruction des micro habitats et ressources mellifères, sont également à l'œuvre. Les abeilles - et bien d'autres organismes sauvages - ne sont pas tirées d'affaire !  

Par Vincent Tardieu - Publié dans : News
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