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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 11:39

 

Pour sauver les abeilles et les autres animaux des campagnes, changez de focale ! C’est, en résumé, le conseil que délivre un groupe de chercheurs anglo-saxons aux politiques en charge de la conservation, après plusieurs années d’études menées en Allemagne puis en Grande-Bretagne. Aujourd’hui rattachée à l’Université anglaise de Leeds, cette équipe vise en fait à comparer l’impact sur la biodiversité rurale des cultures “bios” et conventionnelles. Et leurs observations, conduites dans un grand nombre de fermes, ne manquent pas nuances ni d’intérêt. Présentation de trois de leurs récentes publications. 

Andrena curvungula - Saint Maurice Dargoire 12052007 1                          L'espèce d'abeille Andrena curvungula serait spécialisée dans le butinage des campanules... © Denis Bourgeois

Un cercle végétal vertueux grâce à l’agriculture biologique

« Pour vérifier si les cultures biologiques profitent aux espèces végétales pollinisées par les insectes, nous avons comparé 20 parcelles de céréales et leurs bordures traitées en conventionnel avec 20 autres parcelles cultivées en “bio”, ceci dans trois régions d’Allemagne. » décrivent Doreen Gabriel et ses collègues dans un premier article, paru en 2007 [1].

Premier constat : la diversité des « mauvaises herbes », ou plantes adventices, est nettement plus élevée dans les cultures “bios” (85 espèces d’herbacées) que dans les parcelles conventionnelles (56 espèces identifiées), et davantage en bordure qu’au centre. Rien d’étonnant car l’usage d’herbicides et les fauchages précoces des bords de champs en agriculture industrielle ont eu raison des « salissures » herbacées des milieux ruraux.

Deuxième enseignement, malgré une nette variabilité régionale, les chercheurs trouvent davantage de plantes butinées et pollinisées par les insectes parmi les plantes adventices des parcelles “bios” (34 espèces) qu’au sein des champs conventionnels (21 espèces) où dominent des espèces végétales non pollinisées par les insectes. Là encore, cette différence s’explique par le plus grand nombre d’insectes au sein des cultures (“bios”) que ne viennent pas décimer  les pesticides. L’étudiante Andrea Holzschuh a d’ailleurs trouvé sept fois plus d’abeilles dans ces mêmes parcelles que dans les champs conventionnels étudiés.

4446040157 acc3f2b901 o                                                                                                                         L'espèce d'abeille Anthidium lythrum © Hugues Mouret

Ce double effet des traitements chimiques, tant sur les insectes que sur les plantes qu’ils visitent et dispersent, confirme l’analyse des données historiques sur un très grand nombre de sites, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, dont nous avions déjà parlée ici même [2]. Dans cette étude datant de 2006, Jacobus Biesmeijer et ses collègues de la même université anglaise attestaient alors d’un appauvrissement parallèle des populations d’abeilles sauvages dans ces deux pays – de 30 à 60 % en nombre d’espèces, selon les sites - , mais aussi des plantes à fleurs. Ainsi, au Royaume-Uni, 75 espèces de plantes sauvages pollinisées par les insectes ont régressé tandis que 30 espèces fertilisées grâce au vent ou à l’eau ont gagné du terrain.

 

LA SUITE...


[1] Gabriel D. et Tscharntke T. (2007) Insect pollinated plants benefit from organic farming, Agriculture, Ecosystems and Environment, 118, 43–48.

[2] Biesmeijer J. G. et al. (2006) “Parallel declines in pollinators and insect-pollinated plants in Britain and the Netherlands”, Science, 313 : 351-354.

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Published by Vincent Tardieu - dans Espace rural et pollinisateurs
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commentaires

microsoft fix center 07/11/2014 10:41

How can it is possible to do the salvation of bees in organic farming. I am running a small firm here to get vegetables for my organic shop. We are not an established farm, it is a small one. I would like to know more about the salvation of bees.

CHRISTOPHE 08/08/2010 12:15


hum j'adore le miel mais la disparition des abeilles en France me donne le bourdon stop aux pesticides A+ bye


toxymoron 27/05/2010 14:45


Bonjour,

Mardi 25/5 - il faut chaud, personne à la maison, toutes les portes et fenêtres restent fermées. Le soir, je monte dans la chambre du fiston pour aérer la pièce, et là: surprise: des centaines
d'abeilles mortes, sur le sol.

Elles sont regroupées sur une petite surface (environ un mètre carré), quasiment au milieu de la pièce, donc pas piégées par une fenêtre. En cherchant, on a découvert trois autres individus à
l'étage.

Y a-t-il un début d'explication? On ne sait d'où elles viennent (peut être par la cheminée), et pourquoi "l'essaim" est resté ensemble.

Et je suppose qu'un apiculteur quelque part se pose des questions sur le devenir de ses abeilles...

A bientôt


Vincent Tardieu 27/05/2010 16:02



Merci pour votre témoignage. Mais je serais bien en difficulté pour vous donner une explication. La voie de la cheminée est probable, en effet, s'il n'y a pas d'autre accès à cette chambre. Après
savoir pouvoir elles sont toutes mortes en même temps (intoxication, mais à quoi ? virus, mais alors sur des organismes déjà affaiblis ?), il m'est impossible de vous répondre. Désolé... Et merci
de vous préoccuper du sort de ces charmants insectes ! 



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