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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 17:33

La situation ne s’arrange pas dans les ruchers américains. C’est ce qui ressort de l’enquête concernant plus de 22,4 % des 2,46 millions de colonies d’abeilles mellifères estimés aux États-Unis par les inspecteurs apicoles américains (AIA) et le laboratoire de recherche sur l’abeille à Beltsville, dans le Maryland (USDA-ARS ) [1]. En effet, après l’hiver 2009, les pertes des colonies apicoles sont estimées pour ce printemps à 33,8 %. Le déclin des abeilles d’élevage s’aggrave donc chaque année davantage, après les pertes de 29 %, 35,8 % et 31,8 % enregistrées les trois années précédentes. Cette véritable série noire mêle à des fortes mortalités au sein des ruches, des disparitions mystérieuses et brutales de colonies. Un phénomène encore mal expliqué que l’on a appelé en 2007 le “Syndrome d’effondrement de la colonie” (CCD).

En fait, seuls 28 % des apiculteurs sondés ont indiqué avoir connu un tel syndrome au sein de leur rucher au cours de l’hiver dernier. Mais ce sont ces éleveurs victimes du CCD qui paient néanmoins le plus lourd tribut : leurs pertes s’élèvent globalement à 44 %, contre 33,8 % au niveau national et 25 % chez les exploitants n’ayant pas déclarés de cas de CCD. Comme quoi, ce syndrome demeure un phénomène particulièrement sévère pour les abeilles américaines.

Autres signes de cette dégradation sanitaire, le nombre d’exploitants touchés cette année par ces diverses formes de pertes apicoles a augmenté de 23 %. Et leur perception qu’il s’agit de « pertes anormales » ne cesse de croître au fil des enquêtes, rapportent les auteurs de cette note publiée sur le site web du Centre de recherche sur la pollinisation de l’Université d’État de Pennsylvanie [2]: 61 % de leurs pertes sont à présent jugées anormales et insupportables !

Notons que ces chiffres de pertes ne concernent que celles étant survenues en hiver, et n’intègrent pas celles du printemps ou de l’été 2009, qui ont pu donner lieu à des remplacements par divisions, croissance et rachats. Enfin, les toutes premières données de ce printemps 2010 font craindre aux spécialistes un été des plus calamiteux pour les élevages d’abeilles américains, rendant cette filière agricole « de moins en moins durable », craignent les auteurs de l’étude.

Dernier point, il est aussi intéressant de noter que malgré l’impact du CCD, ils ne sont que 5 % des apiculteurs interrogés à le rendre responsable de leurs pertes. Ceux-ci les rattachent plutôt à un manque de ressources en nectar et pollen (dans 32 % des cas), à une mauvaise météo (dans 29 %), à un affaiblissement jusqu’à l’effondrement de leur colonie (pour 14 %), à l’acarien Varroa destructor qui pompe le « sang » des abeilles et leur transmet des virus (dans 12 % des cas), ou   « à des reines trop faibles chez 10 % des colonies perdues. Une autre façon de témoigner du caractère « multifactoriel » de ce déclin des colonies décrit par les spécialistes des abeilles.



[1] 4 231 apiculteurs ont répondu à cette enquête, soit un chiffre bien plus élevé (d’un facteur dix) que les années précédentes.

 [1] Ces résultats préliminaires d’une enquête encore à publier ont été rendus public le 22 avril 2010 : « Honey Bee Colonies Losses in the U.S., winter 2009-2010 », rédigé par Dennis vanEngelsdorp de l’Université d’État de Pennsylvanie, Jerry Hayes du Département de l’Agriculture de Floride, Dewey Caron de l’Université d’État de l’Oregon, et Jeff Pettis du laboratoire de recherche sur l’abeille de Beltsville (USDA-ARS ). Pour consulter cette synthèse, cliquez ici.

 

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Published by Vincent Tardieu - dans News
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Joël Mortensen 19/05/2010 08:56


La monoculture intensive peut-elle être un facteur de "malbouffe" au sens où les abeilles n'auraient pas d'alimentation équilibrée et finiraient pas souffrir du fait de se nourrir exclusivement du
même type de pollen non diversifié ?


Vincent Tardieu 19/05/2010 10:51



Oh ! oui, je le pense vraiment, de même que la plupart des observateurs des colonies lancées à l'assaut, en février-mars, des milliers d'hectares d'amandiers en fleurs dans la Vallée Centrale de
Californie. Je me permet de vous renvoyer sur ce point à mon livre qui en parle. Et, récemment, une équipe scientifique de l'Institut national de la recherche agronomique d'Avignon a mis en
évidence les risques alimentaires d'une mono diète de pollen et le bénéfice de disposer d'une nourriture variée. Comme pour la plupart des organismes vivants ! Je vous renvoie à l'article de
mon blog qui rendait compte de cette étude. 


Merci de l'intérêt que vous portez à mon travail. V. Tardieu



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