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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 19:25

   Une nouvelle publication scientifique datant du 6 octobre va faire couler beaucoup d'encre dans les jours à venir. Et provoquer espoir et interrogation. Espérons que ces derniers résultats, très intéressants, publiés par dix-huit chercheurs des universités du Montana, du Texas, de Mexico et du Centre biologique et chimique de l'US Army Edgewood dans le Maryland, publiés dans la revue PloS ONE [1], n'entraînent pas une prochaine déception d'autres scientifiques, des apiculteurs et des naturalistes...

   J'ai lu cette nouvelle étude coordonnée par Jerry J. Bromenshenk à qui j'ai justement posé un certain nombre de questions afin de rédiger un prochain article, plus complet, sur ce blog. J'attend ses réponses.

   En deux mots, ce groupe de scientifiques affirment que la coinfection des colonies d'abeilles d'élevage par le virus irisé des invertébrés (Invertebrate iridescent virus ou IIV, de la famille des Iridoviridae[2]), nouvellement identifié dans les colonies d'abeilles nord-américaines, le microchampignon Nosema ceranae et l'acarien Varroa destructor (tout deux déjà évoqués) est « la cause probable des mortalités d'abeilles aux USA, en Europe et en Asie». Pas moins ! 

   Il faut toutefois préciser plusieurs points clés sur cette découverte et ne pas s'emballer trop vite car ce n'est pas la première fois qu'on assure, outre Atlantique ou en Europe, avoir trouvé LE tueur de l'abeille. Souvenez-vous du virus IAPV que plusieurs experts américain du syndrome d'effondrement des colonies (CCD) désignaient en 2007 comme le responsable de ce déclin, ou du microchampignon N. ceranae qui était le vrai coupable selon l'équipe espagnole de Mariano Higes. Au fil des années, leur corrélation avec les disparitions ou les mortalités massives de colonies aux USA s'est avérée insuffisante pour conclure à leur responsabilité unique. On est revenu, avec une approche multifactorielle, à un peu plus de prudence. Il ne faudrait pas alors que ce nouveau couple de tueurs (ou ce nouveau trio, si l'on ajoute au virus IIV et au microchampignon N. ceranae, l'acarien Varroa destructor)  connaissent le même sort : un succès de météorite ! 

   Bien d'autres associations délétères et mortelles ont été mises en évidence depuis deux ans, notamment entre ce microchampignon et des pesticides (par deux équipes de l'INRA d'Avignon) ou des herbicides (par l'USDA du Maryland). Et il va falloir prouver, au moins pour les États-Unis, que la présence de ce couple ou de ce trio infernal ainsi que son mécanisme d'action sont effectivement bien corrélés avec le syndrome du CCD et les phénomènes de disparition mystérieuse de la plupart des ouvrières de la ruche. Ce que la publication ne met pas complètement en évidence. Cela permettrait pourtant de passer de « la cause probable » du syndrome d'effondrement des colonies d'abeille à plus de certitudes.

V. T. 

 


[1]  Jerry J. Bromenshenk et al., "Iridovirus and Microsporidian Linked to Honey Bee Colony Decline", PLoS ONE 5(10): e13181. doi:10.1371/journal.pone.0013181, 6 octobre 2010 (pour lire et télécharger cette publication, en anglais, cliquez sur ce lien)

[2] Les virus de la famille des Iridoviridae sont des virus à ADN, réputés très virulents, qui affectent tous les vertébrés, notamment les animaux aquatiques à sang froid comme les poissons et les amphibiens. Un virus IVV a déjà été identifié en Inde dans les années 70 sur l’abeille asiatique Apis cerana, où il a provoqué de fortes mortalités.      


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Published by Vincent Tardieu - dans Déclin des abeilles
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