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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 17:33

   Le postdoctorant David Tanner de l’Université de l’État de l’Utah a découvert deux nouvelles espèces d’abeilles dans le Ash Meadows National Wildlife Refuge, une réserve du Nevada située à 145 km au nord-ouest de Las Vegas.

Ash Meadows Crystal Spring                                                                                                                                                           Ash Meadows Crystal Spring © Stan Shebs

   C’est au cours d’une prospection sur les relations entre les pollinisateurs et des espèces de plantes rares du désert que Tanner et deux étudiants sont tombés sur ces nouvelles abeilles. Ces deux espèces, que le laboratoire d’entomologie de Logan, du département d’État à l’Agriculture, a confirmé être nouvelles pour la science, appartiennent au genre Perdita. Cette découverte a été un grand frisson, a déclaré le jeune naturaliste, qui s’est senti « redevenir un enfant ! »

   Pour spectaculaire qu’elle soit, cette trouvaille n’est toutefois pas totalement surprenante car ces prairies sèches seraient « le refuge de la plus vaste diversité d’abeilles au monde », selon l’entomologiste. Et d’autres découvertes analogues sont à attendre...

Perdita bishoppi, side,I SD7136

Trois espèces du genre Perdita auquel appartient les deux nouvelles espèces d'abeilles découvertes © John S. Ascher

Perdita octomaculata,I JSA827 Perdita swenki, Swenks Perdita,I JSA27

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 17:32

 

   Le 22 mars dernier, les arboriculteurs de l’Association Rhône-Loire de développement de l’agriculture biologique réclamait l’autorisation d’un insecticide à base d’Azadirachta indica, un arbre d’Asie du Sud communément appelé Neem, lors d’une rencontre avec des représentants du Service régional de l’alimentation de Rhône-Alpes (SRP).

   Bien qu’interdit d’usage en France, ce pesticide est déjà largement utilisé par des arboriculteurs bio, et l’administration semble faire preuve de clémence.

Neem

                                                                                                    Feuillage et fleurs de Neem asiatique

   Cet usage illégal ne serait pas pour me scandaliser si les nombreuses et bénéfiques propriétés naturelles du Neem (antifébrile, antibactérienne ou anti-inflammatoire) ne présentaient également certains risques pour les abeilles et les humains. Chez l’hyménoptère, une étude de 2000 [1] montrent en effet que l’azadirachtin (la molécule active de cet insecticide végétal) réduit significativement la consommation de sirop des butineuses en condition expérimentale. L’équipe a montré, en outre, un effet de mortalité chez les abeilles adultes avec des sirops contaminés par l’azadirachtin (à partir d’une concentration de 10.87 µg ou microgramme/ml de sirop), et plus encore chez les larves d’ouvrière (à partir de 100.13 ng ou nanogramme/ml). Les nymphes ont également présenté des pigmentations précoces et anormales de plusieurs appendices.

   Quant aux mammifères, une étude fait état de perturbation endocrinienne par cette molécule [2] - le Neem est parfois utilisé comme moyen de contraception en Inde -, une autre  rapporte qu’il s’agit d’un carcinogène génotoxique [3], et une troisième qu’il provoque des lésions du foie et des poumons chez le rat [4].


   Comme quoi tout ce qui est « naturel » n’est pas forcément  à consommer ! Il est bon de rappeler que dans leur développement évolutif, les plantes, qui ne peuvent fuir leurs nombreux prédateurs, ont mis au point pour se défendre des poisons parfois redoutables. À manier donc avec précaution...



[1] Peng C Y S et al. (2000) The effects of azadirachtin on the parasitic mite, Varroa jacobson and its host honey bee (Apis mellifera), Journal of Apicultural Research, Vol. 39 (3-4) pp. 159-168.

[2]Shakti N. Upadhyay et al. (1993), Antifertility Effects of Neem (Azadirachta indica) Oil in Male Rats by Single Intra-Vas Administration : An Alternate Approach to Vasectomy, Journal of Andrology.

[3]Rosenkranz HS et Klopman G (1995) An examination of the potential « genotoxic » carcinogenicity of a biopesticide derived from the neem tree, Environ Mol Mutagen.

[4]Rahman MF er Siddiqui MK. (2004) Biochemical effects of vepacide (from Azadirachta indica) on Wistar rats during subchronic exposure, Ecotoxicol Environ Saf..

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:08
   L’éclaircie sur le paysage apicole français, apportée mi-janvier par le lancement d’un nouvel Institut technique de l’abeille, aura été brève. Des nuages « toxiques »  s’amoncellent à nouveau sur les ruchers français. Et les mouvements apicoles ont bel et bien déterré la hache de guerre contre deux nouveaux pesticides accusés de vouloir la peau de leurs abeilles.
   Après le Gaucho et le Regent TS, boutés hors des champs tricolores entre 1999 et 2004, c’est au tour du Cruiser et aujourd’hui de Proteus de provoquer l’ire des syndicats d'exploitants. Car ils appartiennent tout deux à cette même famille maudite pour les apiculteurs : celles des néonicotinoïdes, des insecticides neurotoxiques réputés dangereux pour l’abeille lorsqu’elle est exposée. Pourtant, l'industriel Bayer qui diffuse Proteus, et que nous avons contacté, est formel : leur pesticide est sans danger pour l'abeille. Il serait même moins toxique que le Gaucho... Rassurant ? Tous les spécialistes n'en sont pas convaincu. Et paradoxe, l'un de ces maudits néonicotinoïdes poursuit sa conquête discrète dans les jardins et les vergers de l'Hexagone, dans l'indifférence des mouvements apicoles. Chercher la cohérence syndicale !
   À l'heure où se prépare une révision importante en Europe des procédures de mise sur le marché des produits phytosanitaires, les États-Unis bougent (un peu!). Pas sûr que les nouvelles règles du jeu introduites sur le Vieux continent fasse l'affaire des abeilles et des insectes sauvages. Les organisations d'éleveurs affûtent leurs discours. Le printemps sera chaud !

 syrphe et colza (7).JPGC'est un syrphe, appartenant à un groupe de diptères aux allures de fausses guêpes et parfois de bourdons, voire de frelons - ce mimétisme leur permet de mieux échapper à leurs prédateurs ! L'entomologiste de l'École nationale supérieure d'agronomie de Toulouse, Jean-Pierre Sarthou, vient de m'indiquer qu'il s'agit de Scaeva pyrastri. L'espèce qui butine, ici, des colzas ayant envahi une friche agricole, pond des « larves qui sont les auxiliaires les plus efficaces parmi les prédateurs de pucerons des cultures, plus efficaces donc que les coccinelles ! précise le chercheur de l'ENSAT. Malheureusement, très peu de personnes connaissent ces bêtes, alors même que cette espèce est assez courante à l'état larvaire au printemps dans les colonies de pucerons sur rosier. » Pour découvrir ce groupe d'insectes superbe et étonnant, allez donc jeter un œil au site créé par l'équipe de ce chercheur ! (© photo de Laurent Debordes: découvrez d'autres belles photos sur son blog)


LA SUITE...

2. Cruiser s’installe timidement dans les campagnes françaises

3. Le Régent TS va-t-il revenir par la fenêtre ?

4. Proteus, un nouveau cheval de bataille apicole

5. Interview exclusive sur les essais de Bayer sur Proteus

6. Suprême ou pourquoi il vaut mieux être ni riche ni célèbre !

7. Les États-Unis deviendraient-ils plus écolos ?

8. L'Europe à la croisée des chemins

 

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:07

   Mises en cause dans la mortalité de nombreuses colonies en Italie du Nord, en avril 2008, puis un mois plus tard dans le sud de l’Allemagne, les poussières d’enrobage des semences de tournesol traitées au thiamethoxam, la molécule active du Cruiser, ont conduit les autorités de ces deux pays à suspendre ce pesticide d’une façon plus ou moins permanente.

   En France, le ministère de l’Agriculture se montre embarrassé : l’autorisation de traitement des semences de maïs par le thiamethoxam a été accordée sous surveillance de l’Afssa (l’agence française de sécurité sanitaire des aliments) en 2008. Et, depuis trois saisons de culture, cette molécule produite par Syngenta Agro SAS est reconduite d’année en année. Ce qui mécontente finalement tout le monde : les apiculteurs qui exigent son interdiction pure et simple ; l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) qui réclame un peu de cohérence : « Soit le produit est dangereux et il faut l’interdire, soit il a démontré sa sûreté vis-à-vis des abeilles et il doit être homologué pour dix ans, comme tout autres produits de protection des cultures », s’agace son président Christophe Terrain [1].

   pot d'adieu                                                                                              L'humour noir, une arme écologique efficace...  © FNE

   Incohérence ou lâcheté ? Pas si simple. Car, comme nous l’avons longuement montré dans notre ouvrage L’étrange silence des abeilles, il n’est pas aisé de prouver en plein champ la toxicité réelle de tel ou tel insecticide. Pour des tas de difficultés méthodologiques liées aux expérimentations de terrain. On peut démontrer, en laboratoire, qu’aux concentrations de résidus de ces néonicotinoïdes retrouvées dans les fleurs des cultures traitées, ces doses perturbent l’abeille (ses facultés d’apprentissage, d’alimentation ou d’orientation). Mais on parvient mal à reproduire in situ ces résultats de laboratoire. Et c’est bien ce qui laisse la porte ouverte au doute et aux polémiques.

   Est-ce à dire pour autant que le risque n’existe pas ? J’ai expliqué, dans mon ouvrage, pourquoi il me paraissait justifié que le doute sur la toxicité de ces produits profite à l’abeille ! Et c’est bien le fameux « principe de précaution », critiquée et parfois critiquable, qui a prévalu dans ces suspensions successives du Gaucho et du Régent TS. Et même, me semble-t-il, dans cette autorisation au coup par coup et très encadrée du Cruiser.

abeilles zoomManifestation apicole contre le Cruiser (© Thierry Bordas pour le quotidien La Dépêche)

 

 

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:06

   Le climat s’alourdit d’autant plus au-dessus des ruchers français que l’insecticide Régent TS (fipronil), dont les apiculteurs espéraient être débarrassé, est en passe d’être réhabilité par  les autorités sanitaires et judiciaires. En 2007, au cours d’un réexamen automatique et sur la foi de nouveaux résultats apportés par la firme BASF Agro qui le commercialise, les experts de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont assuré que le fipronil ne présente pas de danger significatif pour l’environnement.

jpg maya-regent-0c855

                                                               Maya flippée nous fait quand même sourire... © Ray Clid / Backchich Info

   Le 30 janvier 2009, c’est au tour de la juge d'instruction de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) de rendre un non-lieu au bénéfice de Bayer et BASF Agro, propriétaires successifs du fipronil, dans la plainte engagée sept ans auparavant par des syndicats apicoles. Et cela après moult rebondissements ayant conduit à sa suspension du territoire en 2004.

   Le 1er avril prochain, la Cour d’Appel de Toulouse dira alors si le recours introduit par les mêmes syndicats contre ce non-lieu est recevable ou pas. Ainsi, au terme d’une longue guérilla judiciaire, la Cour d’Appel pourrait fort bien donner le feu vert qui manque à BASF Agro pour permettre le retour du Régent TS dans nos champs... Pour 2012, comme me le laissait entendre son directeur de l’Environnement Jean-Marc Petat, « si le dialogue est rétabli avec la profession » ?

massacre-abeilleCette affiche a fait la "une" des manifestations anti-pesticides en France

   Rien n’est moins sûr, à entendre les syndicats : « Il a fallu trois juges d'instruction pour que la dernière reprenne les arguments de BASF, qui conteste le lien entre l'intoxication au fipronil et la mortalité des abeilles », fulminait Jean Sabeng de la Confédération paysanne le 29 octobre dernier à l’AFP. Et son collègue Jean-Marie Sirvins, vice-président de l’Union nationale des apiculteurs de France (Unaf) d’ajouter dans la foulée : « Si nous perdons, on n'en restera pas là, on fera tout pour rouvrir le dossier ». L’affrontement est d’autant plus prévisible que l’industriel n’entend pas céder : « Les accusations ne tiennent pas, rétorquait dans cette même dépêche d’agence Jean-Marc Petat de BASF. Il n'y a plus de Régent depuis 2004 dans les champs, mais les abeilles continuent de mourir... Il faut accepter la réalité pour trouver les vraies causes de surmortalité et se mobiliser ensemble ».

 

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2 septembre 2010 : La cour d'appel de Toulouse a confirmé le non-lieu rendu le 30 janvier 2009 au bénéfice de Bayer et BASF dans l'affaire du pesticide Régent, accusé de provoquer une surmortalité des abeilles. La Confédération paysanne, l’un des deux plaignants avec l’UNAF, a annoncé qu'elle se pourvoirait en cassation contre la décision de la cour d'appel.

 

 

 

 

 

 

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:04

Proteus sera-t-il le pesticide de trop ? Diffusée déjà dans une dizaine de pays d'Europe, cette nouvelle substance phytosanitaire vient d'être commercialisée en France par la firme Bayer Crop Science, malheureux producteur du Gaucho qui fut suspendu entre 1999 sur tournesol, puis en 2001 sur maïs. Elle est formée à partir de deux molécules « complémentaires » pour gagner en efficacité insecticide : un soupçon de deltaméthrine, « bien connue pour son effet choc », rappelle l'industriel, et une grosse pincée de thiaclopride, un petit nouveau dans la famille des néonicotinoïdes, « affichant une grande persistance d’action » (on pourra lire ici le communiqué de Bayer en septembre dernier).

   Tout en étant pulvérisé de façon aérienne, « son mode d’action est systémique, c'est-à-dire que le principe actif est véhiculé par la sève de la plante, détaille Sten Guezennec, chef de produit TS céréales du groupe. Cela permet de neutraliser des ravageurs difficilement accessibles par pulvérisation, comme les pucerons qui se logent sous les feuilles par exemple. » Il parvient ainsi à bloquer la faculté à s’alimenter du funeste puceron vert du pêcher (Myzus persicae) qui transmet au colza, dès la levée, des viroses pouvant entraîner jusqu’à 50 % de baisse de rendement. Proteus offrirait également « une bonne maîtrise du charançon de la tige et du puceron cendré » pour cette même culture, et une protection « performante » des céréales contre le puceron des épis et la cécidomyie, des betteraves contre les pucerons et la pégomyie, ainsi que de la pomme de terre contre les fameux doryphores et pucerons. Bref ! l’arme idéale.
BetteraveSuc 
© Bayer Crop ScienceDoryphore Adulte Et Larve Bayer

Une innovation redoutée.

   Mais voilà, ce que la firme considère comme « une solution innovante contre les ravageurs difficiles à maîtriser » est jugée désastreux pour les pollinisateurs par Henri Clément, le président de l’Union national de l'apiculture française (Unaf) : « Ces deux produits sont toxiques, on risque un mélange détonant ! », dénonçait-il la semaine dernière, au cours d’une conférence de presse à l'Assemblée nationale. Son syndicat affirme même – sur quelle base ? - que l’exsudation d’une goutte d’eau chargée de Proteus peut être mortelle pour une abeille. Ce que conteste la firme, avançant en outre que sa formulation dite O-Tech « apporte une très forte résistance au lessivage et permet une pénétration rapide à l’intérieur de la plante. » À vérifier en période de pluie...

   Jugeant ce produit « très toxique pour les organismes aquatiques » et pouvant « entraîner des effets néfastes à long terme pour l’environnement aquatique. », l’expertise du ministère de l’agriculture qui l’a toutefois homologué recommande « pour protéger les abeilles et autres insectes pollinisateurs, [de] ne pas [l’]appliquer durant la floraison. [Et de] ne pas [l’]utiliser en présence d’abeilles. »

   Cette prudence, toujours curieuse pour un produit qui a été autorisé officiellement, s’impose en fait à un grand nombre d’autres insecticides agricoles. Et le directeur du développement et des homologations de Bayer Crop Science en France, Bruno Zech, m'assurait vendredi dernier que d'après leurs tests en laboratoire, en condition semi-naturelle (sous serre), puis en parcelles expérimentales, ce pesticide ne présente « pas d’effets toxiques significatifs pour l’abeille. »

Proteus moins toxique que Gaucho !

   Il serait même bien moins nocif pour elle que d'autres produits déjà mis sur le marché ! « Il ne faut pas mettre tous les néonicotinoïdes dans le même sac, car elles ne présentent pas les mêmes niveaux de toxicité. » souligne ce même responsable du groupe. Proteus serait ainsi moins toxique d'un facteur mille pour l'hyménoptère que Gaucho, produit par la même firme, de même que Cruiser (lire notre article 5 suivant). Est-ce à dire que ces deux derniers pesticides font courrir un réel danger à l'abeille ? Ce n'est évidemment pas l'interprétation de la firme.

   Depuis juillet dernier, Proteus peut être répandu sur les champs de colza, de betterave, de céréales et de pommes de terre. « La diffusion de Proteus en France sera toutefois progressive. Nous espérons que nos ventes avoisinneront cette saison 1 % de notre chiffre d'affaire des phytosanitaires en France, égal à 560 millions d'euros », pronostique Gilles Delannoë. Encore modeste, donc. Mais suffisant pour faire enrager la profession apicole. Car le nectar du colza et d’autres crucifères est très apprécié des abeilles. Le miel de colza représenterait même, selon l’Unaf, entre 15 et 20% de la production française (pour l’industrie alimentaire, car sa saveur est sans grand intérêt !).

   On n'est jamais assez prudent - ou diplomate vis à vis d'une profession apicole à cran ? -, le directeur de la communication de Bayer France, Gilles Delannoë, m'assure que de toutes façons, sur colza, « le produit sera appliqué avant floraison, c'est-à-dire au stade du bouton accolé ». Donc non visitable en théorie par les pollinisateurs, mais déjà attaquable par la Méligèthe du colza (Meligethes aeneus), qui perce les boutons floraux de la culture. Cette préconisation suffira-t-elle à désamorcer la colère apicole ? Pas sûr !

Colza Bayer                                                                                                                                                              © Bayer Crop Science

Entre doute et inquiétude

   D'autant plus que l'inquiétude sur ce type de pesticide ne semble pas être l'apanage des seuls syndicats d'éleveurs. Axel Decourtye, écotoxicologue et spécialiste de l'abeille à l'ACTA (Association de coordination technique agricole) du Rhône, que j'ai interrogé ce dimanche, m'a fait part de ses réserves sur Proteus : « Mes inquiétudes portent sur deux aspects. D'une part sur sa composition. Il s'agit d'un cocktail de deux molécules qui ne sont pas sans innocuité sur les insectes pollinisateurs. C'est vrai pour le thiaclopride, même si les tests montrent qu'il est moins toxique que l'imidaclopride [Gaucho], mais aussi pour la deltaméthrine qui est un pyréthrinoïdes déjà mis en cause sur des épisodes de mortalité d'abeilles par contact. Et surtout, je ne suis pas du tout convaincu que les recommandations techniques de Bayer suffisent à préserver les pollinisateurs en plein champ. Dans la pratique, ni la firme ni les autorités sanitaires ne seront derrière les cultivateurs pour vérifier que les pulvérisations n'aient pas lieu au début ou durant la floraison... Certains agriculteurs semblent, eux-mêmes, se poser des questions sur ce produit : j'ai été contacté par la coopérative agricole Dauphinoise dans l'Isère m'indiquant qu'elle souhaitait mettre en place un suivi des ruchers autour de culture de colzas traités au Proteus. » En outre, rien n'assure que des abeilles d'élevage, et plus encore des insectes pollinisateurs sauvages qu'on ne maîtrise pas, ne viendront pas visiter ces parcelles de colzas traités dont une partie des fleurs peut être déjà ouvertes... « Il serait plus que temps, ajoute Decourtye, de réunir tous les acteurs du monde rural autour de la table pour discuter des meilleurs parcours agricoles possibles par filière, ceux qui préservent à la fois les cultures, mais aussi les insectes sauvages et les colonies d'élevage. Je ne suis pas convaincu que Proteus réponde à cette double exigence. »

   Sans attendre le printemps, l’Unaf envisage un recours juridique pour annuler l'autorisation de mise sur le marché accordée pour 10 ans à ce nouvel insecticide.

                                                                                                                                                             

 

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:03
 Tenant à donner la parole à tous les acteurs de cette controverse naissante et souhaitant éclairer les lecteurs sur nos connaissances en matière de toxicité du Proteus sur l'abeille, j'ai demandé à la firme Bayer qui le produit, des précisions sur leurs tests  d'impact sur  cet insecte et sur leurs résultats. Bruno Zech, directeur du développement et des homologations chez Bayer Crop Science en France, a bien voulu répondre à mes questions vendredi 19 février.
Cet éclairage est celui du fabricant de Proteus. En plus des critiques émises par l'Union national de l'apiculture française (Unaf) sur ce produit et des réserves d'un écotoxicologue de l'abeille, dont je rend compte dans l'article précédent, je me ferai un devoir de publier les réactions à cet entretien. En effet, c'est grâce au dialogue entre acteurs, même par intermédiaire, et par une explication des données la plus rigoureuse et compréhensible possible, que le public, me semble-t-il, pourra se forger sa propre opinion. C'est en tout cas mon objectif et ma conviction de journaliste.
 

- À quelle période et où se sont déroulés vos tests d’impact du pesticide Proteus sur l’abeille ?

B. Z. : Ces essais ont eu lieu en 2005 en Allemagne et en France. Ils ont été conduits selon les nouvelles normes réglementaires en développement à l’échelle communautaire depuis 1991. Il s’agit de la directive 91/414 CE , concernant tous les produits phytosanitaires disponibles et autorisés dans l’Union européenne [lire la note de notre article 8]. Ils nous ont servi à construire les dossiers d'homologation européenne et de demande de mise sur le marché de Proteus dans plusieurs pays de l'Union. Nous avons regardé les effets de Proteus sur l’abeille à la fois au niveau du laboratoire, en condition semi-naturelles (en tunnel-serre) et en parcelles cultivées expérimentales, avec des colonies entières.

En champ, nous avons testé des colonies sur des colzas en pleine floraison (autour d'avril), mais hors pulvérisation comme cela doit se passer selon les bonnes pratiques agricoles et nos recommandations. Le lendemain des traitements, les colonies ont alors été amenées sur ces parcelles. Et l'on a fait des prélèvements et des analyses des abeilles exposées durant une semaine environ de floraison de ces colzas. Mais nous avons également voulu tester l'impact sur les abeilles des céréales traitées au Proteus.


- Curieux ! Les céréales ne sont pas réputées être butinées par les abeilles... ?

B. Z. : En fait, au préalable, nous avons pulvérisé sur ces cultures expérimentales un sirop de sucre pour simuler les exsudations de la plante. Lesquelles peuvent attirer les abeilles. Cela nous a permis de vérifier l’impact de notre produit dans la pire situation qui peut se présenter aux abeilles dans la nature.

Sur colzas et sur céréales, on a procédé à des comptages d’abeilles mortes in situ et fait une analyse des comportements de butinages, ainsi que du développement du couvain.


- Avez-vous regardé l’impact sur les seules abeilles adultes ou également sur les larves et les reines ?

    B. Z. : En laboratoire, nous n’avons testé que des abeilles adultes. Car il faut savoir que l’élevage des larves est problématique. Et la méthodologie de cet élevage en labo et des tests sur les larves, développée par Pierrick Aupinel à l’INRA du Magneraud (Poitou-Charentes), est encore en phase de validation. Elle donne des résultats qui ne sont pas complètement limpides, parfois difficiles à interpréter. »

Ce point est contesté par l'écotoxicologue Axel Decourtye de l'ACTA : « Les tests sur les larves d'abeilles effectués à l'INRA du Magneraud ont été publiés, et leurs méthodes sont tout à fait reproductibles et réalisables si l'on veut s'en donner les moyens. En Europe, il y a d'ailleurs déjà une dizaine d'équipes qui réalise des essais en laboratoire sur des larves d'abeilles. Même à Bayer, en Allemagne, un chercheur y parvient fort bien. Si la firme veut donc vérifier l'impact de Proteus sur ces différentes castes d'abeilles, elle le peut fort bien. »]

B. Z. : En revanche, nous avons pu regarder, en champs, l’effet du produit sur le développement du couvain où loge les larves et les jeunes abeilles, après exposition de la colonie au produit.

Nous avons testé en laboratoire des doses de quelques microgrammes de molécule active. Ces doses correspondent aux quantités de produit à laquelle chaque abeille a été exposée.


- Et quels ont été vos résultats de toxicité ?

    B. Z. : Dans tous les cas, au laboratoire comme au champ, et malgré des concentrations supérieures de 30 % environ par rapport aux posologies recommandées pour la pulvérisation, nous n’avons pas observé d’effets toxiques significatifs pour l’abeille. Nos essais ont été validés, en France, par l’Afssa (l’agence française de sécurité sanitaire des aliments).

    Plus précisément, une toxicité apparaît, selon le test dit de la DL50 [où la moitié de l’échantillon testé meurt à une exposition donnée], à des doses supérieures à 5 à 10 microgrammes de matière active. C’est le signe d’une toxicité relativement faible : il faut savoir que pour des molécules cousines, de la même famille néonicotinoïde [l’imidaclopride, substance active du Gaucho], cette DL50 se manifeste à partir de quelques dizaines de nanogrammes.


    - Si je vous comprends bien, cela signifie que le Gaucho est environ mille fois -  c'est l'ordre de grandeur - plus toxique que Proteus...

    B. Z. : Je ne l’exprimerais pas ainsi... Ne serait-ce parce qu’il y a malgré tout une variabilité des réultats au cours des tests de DL50. Donc je veux rester prudent et rigoureux. Mais on peut dire en tout cas que, oui, Proteus est nettement moins toxique sur l’abeille que Gaucho ou Cruiser, de la même catégorie ou sous-familles chez les néonicotinoïdes. Et qu’il ne faut pas mettre toutes les substances néonicotinoïdes dans le même sac, car elles ne présentent pas les mêmes niveaux de toxicité.

 

LA SUITE...

6. Suprême ou pourquoi il vaut mieux être ni riche ni célèbre !

7. Les États-Unis deviendraient-ils plus écolos ?

8. L'Europe à la croisée des chemins


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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:02

   Sans vouloir en rajouter sur les inquiétudes écotoxicologiques des éleveurs, je m'interroge tout de même sur leur relative incohérence. Car savez-vous que dans cette famille d'insecticides neurotoxiques vouée aux Enfers par les apiculteurs, les Gaucho, Cruiser et autre Proteus, il existe un  néonicotinoïde diffusé en France qui n'a jamais provoqué l'opprobre de la profession ? Et pourtant cet insecticide est homologué sur des cultures légumières et arboricoles visitées par leurs abeilles... Il s'agit du Suprême 20 SP. Un produit à base d’acétamipride (de la famille des néonicotinoïdes) très actif contre les pucerons, les aleurodes,  les mineuses et les doryphores.
   Doué d'une
« action choc et de longue persistance », précise sa fiche technique - c'est la recette qui fait fureur ! -, Suprême 20 SP est considéré comme « moyennement toxique pour les insectes auxiliaires » comme les pollinisateurs ou les prédateurs des ravageurs. « Autorisé durant la floraison et les périodes de production d'exsudats »,  cet insecticide fabriqué par la discrète et récente compagnie internationale Certis doit toutefois être appliqué « en dehors de la présence d’abeilles ». Sans abeilles durant la floraison d'arbres fruitiers ? Faut m'expliquer comment ça marche ! À moins qu'on ait, au préalable, vidé la campagne alentour de ses insectes pollinisateurs...

   Son impact est-il en tout cas si différent de celui de Proteus ? Bayer ne semble pas le penser, il ne serait ni plus ni moins dangereux que leur champion chimique. Alors, pourquoi ces deux poids, deux mesures de la part des éleveurs ? « On ne prête qu'aux riches, peut-être ?! La visibilité de Bayer l'expose bien davantage que celle de Certis... », soupire Bruno Zech de la firme d'origine allemande. Sans aucun doute. Encore que Certis Europe, créé en 2001 et d'origine japonaise, n'est déjà plus un nain en matière d'agrochimie : ses produits phytosanitaires généraient tout de même un chiffre d'affaire de quelque 30 millions d'euros en 2009 et la compagnie existe dans sept pays du Vieux continent. Mais, jusqu'ici, leur passif avec le monde apicole est nul. Ce qui n'est pas le cas de Bayer depuis l'introduction du Gaucho en France dans les années 90. Pas vu, pas pris par une profession d'éleveurs qui manquent de moyens et de visibilité en matière de traitement agricole ? Pour vivre heureux agrochimiste, vivons caché !

 
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:01

   La compagnie Bayer doit vraiment se demander si elle n'a pas le mauvais œil avec les apiculteurs dans le monde. Fédérant les critiques apicoles un peu comme Monsanto cristallise la détestation de tous les anti-OGM. Car le 29 décembre dernier, la Cour fédérale américaine lui infligeait un nouvel échec en suspendant l’homologation du spirotetramat qu'elle commercialise. Il s'agit de la molécule active des pesticides Movento et Ultor, pulvérisés sur plusieurs centaines de cultures aux États-Unis.

   Ce jugement constitue également un déboire cinglant pour l’Agence américaine de l’Environnement (EPA) qui l'a homologué. Considéré de fait comme trop complaisant envers l’industrie agrochimique, ce département ministériel devra procéder à des compléments d’analyses pour vérifier la conformité du spirotetramat avec la protection de l’environnement.

   Curieux tout de même que ce soit dans ce temple de l'agriculture intensive, aux USA, que les anti-pesticides marquent des points. Ce contre-temps franco-américain est devenu fréquent pourtant dans les dossiers de protection des abeilles, il n'en est pas moins surprenant !
   C'est en tout cas « une nette victoire » pour le Conseil de défense des ressources naturelles (le NRDC) et la Société naturaliste Xerces, qui avaient intenté cette action en justice contre ces pesticides fabriqués et commercialisés par Bayer, les accusant de bloquer la reproduction des abeilles, voire de les tuer. « Ce cas souligne la nécessité de revoir l’ensemble des procédures d’évaluation de l’impact des pesticides et des autres produits chimiques » s'est empressé de souligner Aaron Colangelo du NRDC, à l’issue de cette décision de justice. C'est évidemment le gros chantier pour tous les écologistes, de part et d'autre de l'Atlantique.

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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:00

   Et si la recommandation de ce naturaliste américain du NRDC, sur la nécessité de revoir les procédures d'homologation des pesticides, inspirait aussi nos autorités sanitaires et politiques en France et en Europe ? Ne serait-ce que pour mieux prendre en compte les effets de synergie entre molécules chimiques, même à faibles doses, démontrés récemment par plusieurs études expérimentales. Faudra-t-il mettre en œuvre et comment plusieurs observatoires d’impact chimique indépendants et à long terme dans les grands bassins de productions agricoles, à l’échelle de plusieurs parcelles et en prenant en compte plusieurs molécules présentes ? Le coup de développer ensuite des modèles mathématiques de risque plus complexes, mais aussi plus faciles à faire varier que ces observatoires de terrain ? Cela suppose, bien entendu, qu’il existe non seulement les compétences et les moyens humains pour conduire de telles évaluations, mais aussi une transparence et une traçabilité des traitements chimiques à l’échelle du paysage, ce qui fait encore défaut.

Schemas 9257W                                                                   Paisible, mais inquiétante, le campagne belge... © Les Écolos (Belgique)

    Sans attendre, et même si l’on continue à tester la toxicité des pesticides molécule par molécule, on pourrait au moins développer des essais en laboratoire plus conséquents. Notamment en répondant favorablement à la demande de plusieurs écotoxicologues français : tester l’impact des molécules sur plusieurs castes d’abeilles. Pas seulement sur les abeilles adultes (butineuses), comme aujourd’hui, mais aussi sur les larves, les jeunes abeilles et les reines, ce qui permettrait de mieux cerner l'effet de ces produits sur l’alimentation et la reproduction des colonies. Des propositions faites en ce sens depuis près d'un an aux autorités sanitaires françaises sont restées jusqu'ici lettre morte.


Nouvelles règles du jeu en matière de pesticides.

   C'est clair : rien n'assure que l'on impose, en France et en Europe, de telles contraintes aux industriels. Et cela malgré les travaux du Grenelle de l'Environnement, en France, et les annonces d'une réduction de moitié des usages de pesticides dans les champs à l'horizon 2018. En fait, les nouvelles règles du jeu communautaire, en cours d’application, sur le commerce des produits phytosanitaires résultent d'une farouche bataille des lobbies écologistes et industriels auprès des décideurs. Et l'autorité politique a procédé à une sorte de donnant-donnant.

   En gros, le Parlement européen et les États membres se sont mis d'accord, en janvier 2009, sur une révision des procédures d'évaluation scientifique des pesticides. Révision qui entrera en vigueur début 2010. Celle-ci, et le processus de réexamen des produits phytosanitaires engagé en Europe dès 1991[1], conduiraient à exclure les trois-quart des substances actives les plus toxiques pour la santé publique et l´environnement, y compris pour la faune telle que les abeilles. Ces substances les plus toxiques pourraient alors être substituées par des alternatives moins nocives lorsqu'elles existent. Ce qui va dans le bon sens. Ce règlement sur les phytosanitaires a d'ailleurs inspiré celui de REACH concernant plus de 30 000 substances chimiques (non agricoles) et adoptée en 2008.

   Donnant-donnant, toutefois : si une substance agrochimique reste nécessaire pour combattre une menace sérieuse pour la « santé des plantes », elle pourra être approuvée pour une période de 5 ans. En outre, l’Union européenne sera divisée en trois zones agro-climatiques (le nord, le centre et le sud) pour simplifier et harmoniser les procédures d’homologation des produits phytopharmaceutiques. En clair, une molécule autorisée par un État membre au sein d'une zone sera approuvée de facto dans les autres pays de la même zone. La France s’intégrera dans la “zone sud” avec la Bulgarie, l'Espagne, la Grèce, l'Italie, Chypre, Malte et le Portugal.


Les abeilles sortiront-elles gagnantes de ces révisions réglementaires ?

   Cette procédure s’appuyant sur le principe de « reconnaissance mutuelle » amplifie, en réalité, les simplifications réglementaires déjà à l'œuvre en Europe. Jusqu’ici, les études préalables d’une demande d’autorisation de mise sur le marché, faites dans un pays, doivent être complétées par d’autres tests dans les conditions pédo-climatiques spécifiques des autres pays où l’industriel veut diffuser son produit. C’est cette partie des tests qui sera allégée voire supprimée. D’où l’inquiétude des écologistes et des syndicats apicoles craignant que certains États d’une même zone, moins développés ou moins regardants en matière d’impacts environnementaux des pesticides, deviennent les portes d’enregistrement systématique des produits phytosanitaires en Europe.

   Il est toutefois prévu que les États membres puissent interdire un produit sur leur territoire, notamment pour des raisons de protection particulière de leur environnement ou leur agriculture. Une soupape de sécurité donc, à la merci des autorités nationales, qui promet quelques belles batailles politico-juridiques en Europe. L’Union nationale des apiculteurs de France (Unaf), qui tenait une conférence de presse la semaine dernière, a d'ailleurs annoncé qu’elle sera particulièrement vigilante aux choix de la France.

  

   En résumé, l'abeille n'en a sans doute pas fini avec son cauchemar toxicologique. Mais l'industrie agrochimique, non plus !


 


[1] En 1991, la Commission européen a engagé une vaste opération de révision de toutes les substances actives entrant dans la composition des produits phytopharmaceutiques au sein de l'Union (directive 91/414/CE).  Au cours de ce réexamen aujourd'hui achevé, tout industriel se devait de démontrer qu'une substance peut être utilisée en toute sécurité en ce qui concerne la santé de l'homme, l'environnement, l'écotoxicologie et les résidus présents dans la chaîne alimentaire. Vertueux, cet objectif n'a pas empêché les controverses entre experts ou avec les écologistes quand aux méthodes d'analyses et d'évaluation d'impacts de ces produits. Ce processus a toutefois conduit à éliminer environ 700 substances sur le millier qui est homologué en Europe.
   On peut consulter le détail de ces réglementations sur le site internet de l’Observatoire des Résidus de Pesticides (ORP), mis en place par les ministères français de la Santé, l’Agriculture, la Consommation et l’Environnement.
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