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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 03:08

Un dépérissement qui se confirme...

Parmi les temps forts de cette grande messe au chevet de l’abeille d’élevage, citons la communication de l’entomologiste hollandais Jacobus Biesmeijer travaillant à l’Université anglaise de Leeds. S’appuyant sur une étude à venir de la revue Apidologie sur l’état du cheptel apicole européen de ces vingt dernières années, ce brillant écologue a souligné que les colonies d’A. mellifera ont essuyé un recul de 11,2 % en moyenne (+ ou – 5,9 %) pour l’ensemble de l’Europe occidentale. Cette baisse, que nous relations déjà dans L’étrange silence des abeilles, serait plus marquée en Europe centrale (- 23,3 %, +/- 4,9 % entre 1985 et 2005), alors que pour ce qu’il nomme curieusement l’Europe périphérique (l’Espagne ou l’Irlande, par exemple), les élevages auraient, au contraire, augmenté de + 5,9 %. Question de climat plus favorable ? D’un investissement apicole particulier et plus récent ? Le cas de la Turquie, qui arrive en tête avec l’Espagne dans l’espace européen par le nombre de ses colonies, semble l’indiquer. Sans doute s’agit-il d'un effet conjugué de ces deux facteurs. 

                                                                                                                                       © Framboise Roy / Picasa album

   Plus significatif peut-être que l’évolution des effectifs de colonies – fixés, rappelons le, par les éleveurs et donc susceptibles de varier fortement au cours de l’année et d’une année sur l’autre – est la baisse conjointe du nombre d’apiculteurs dans toute l’Europe depuis vingt ans. Celle-ci est très nette : - 30 % en Europe occidentale, - 36,6 % en Europe centrale  et – 18,6 % en Europe périphérique.

   On a ainsi pu entendre Eli Åsen raconter comment l’association des apiculteurs de Norvège l’avait recrutée pour tenter d’enrayer la chute vertigineuse du nombre d’éleveurs dans cette région septentrionale. Une baisse marquée par l’abandon de quelque 200 apiculteurs chaque année en Norvège, et de façon moins sévère en Suède et en Finlande. « En 2006, nous avons lancé un programme de recrutement national après avoir analysé les causes de ces abandons. Nous avons multiplié les actions de sensibilisations et les aides en matériels pour ceux qui acceptent de s’installer. Et j’ai le plaisir de vous annoncer qu’en 2008 cette érosion a été stoppée et que nos effectifs remontent lentement. » résume fièrement cette consultante norvégienne.

   Cette baisse des exploitants en Europe et aux États-Unis – surtout parmi les petits éleveurs – s’accompagne néanmoins, dans la même période, d’une croissance des productions de miel. La raison d’un tel paradoxe ? Sans doute l’amélioration des techniques d’exploitation, mais aussi l'agrandissement des cheptels par les "grands" éleveurs, lesquels produisent alors davantage de miel.

 

... et s’internationalise : l’exemple du Proche-Orient.

   Hors des pays occidentaux, quelques chercheurs des pays du Sud ont rapporté des nouvelles inédites sur le front apicole : inquiétantes, là aussi. Ainsi le Jordanien Nizar Haddad a présenté une synthèse de l’état sanitaire des cheptels de la région (Jordanie, Syrie, Palestine, Irak, Liban). Dans son pays, ce représentant de l’Unité de recherche sur l’abeille à Baq’a indiquait qu’« en 2007, les pertes recueillies s’élevaient entre 22 et 45 % des colonies selon les sites, contre 20 % en moyenne en 2008. » En 2007, ce même chercheur a fait état de 60 % de mortalité des colonies de Palestine, de 80 % dans les ruchers syriens et jusqu’à 85 % du cheptel en Irak. Colossal ! Mais « ces données doivent faire l’objet de recoupements par des inspecteurs apicoles car il s’agit d’une compilation à partir des déclarations d’éleveurs, et elles n’ont pas toutes fait l’objet de publications scientifiques », temporise-t-il. De son côté, Victoria Soroker du département d’entomologie de l’Institut de protection des plantes d’Israël a fait état d’une perte moyenne, l’an dernier, de 25 % des colonies du pays.                                                                                    Un apiculteur en Syrie © Gilles Fert

   La tendance au déclin des colonies d’Apis mellifera, observée déjà en Europe et en Amérique du Nord, se confirme donc plus à l’Ouest. Parmi les causes avancées pour expliquer une telle hécatombe en Jordanie, Nizar Hadda a d’abord cité la multiplication des infections par divers virus, par l’acarien Varroa destructor ainsi que par les micro champignons Nosema – sans pouvoir faire, précisait-il, une corrélation systématique entre ces pathogènes et les pertes de colonies. Sa collègue israélienne dresse un diagnostic comparable, à la suite de prélèvements effectués chez 58 éleveurs d’abeilles. Ils ont aussi précisé que le syndrome du CCD décrit aux États-Unis (caractérisé par une disparition massive d’ouvrières) s’applique dans 40 % des cas de pertes rapportées par les éleveurs de l’État hébreux et dans près de 25 % des cas jordaniens. L’importation régulière de reines – notamment de Russie – pourrait favoriser au Proche-Orient le développement de maladies nouvelles. Il semble d’ailleurs que ces dernières soient particulièrement fragiles et s’infectent très vite. Le manque de pollen au sein des plantes poussant dans les sites éloignés du littoral et soumis à de fortes sécheresses ces dernières années, expliquerait également ces pertes élevées. En outre, les éleveurs ayant dû apporter des compléments alimentaires à leur cheptel, ils n’ont pu irradier au préalable ces aliments. Résultat, le spécialiste jordanien soupçonne que ces compléments aient transmis certains pathogènes et intoxiqué des colonies locales. Enfin, des colonies déplacées dans le désert pour seulement trois semaines – le temps de floraison d’une plante très mellifère dont je n’ai pas eu, malheureusement le temps de noter le nom...-  auraient pu éprouver un stress important. Sans compter que cette apiculture manque de moyens à l’échelle des pays du Levant pour changer de reines et les cires chaque année, et permettre un bon développement des colonies.

 

LA SÉRIE...

1 - Un crû honorable.

3- Même tendance pour les abeilles sauvages.

4 - L'enterrement du tueur unique.

5- Revoir les pratiques apicoles trop intensives.

6 - Assurer une diversité mondiales des abeilles mellifères... et des apicultures.  

 

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 03:07

Même tendance pour les abeilles sauvages

Malgré des données exsangues pour l'entomofaune sauvage, limitées dans le temps et dans l’espace, Jacobus Biesmeijer est revenu sur son étude phare publiée en 2006 dans Science [1], que nous avons largement présentée dans notre livre. Grâce aux 500 000 données recueillies avant et après 1980 par un solide réseau de naturalistes amateurs, il a pu attester d’une réduction du nombre d’espèces dans 80 % des sites retenus en Grande-Bretagne et en Hollande (relire notre article). Plus nouveau, à Montpellier, il a précisé qu’en se référant à la Liste rouge (espèces menacées d’extinction) établie par l’Union Internationale pour la Conservation de la nature, le bourdon Franklin avait rejoint fin 2008 la grosse abeille Mégachile d’Indonésie Chalicodoma pluto sur cette liste sinistre.

Chalicodoma pluto

Les listes rouges nationales de huit pays recensent, toutefois, davantage d’abeilles en péril, puisque selon les experts qu’il a personnellement consultés, 47 % des abeilles de ces pays seraient en difficulté, voire en péril. Et selon son collègue Stuart Roberts de l’Université de Reading, sur 2 500 sous-espèces d’abeilles, ce sont évidemment les espèces spécialisées, dépendantes d’un seul type d’habitat ou d’une ressource florale qui sont les premières menacées par les changements écologiques. De même, celles qui ne produisent qu’une seule génération par an sont les plus vulnérables.

    Et d’après une enquête informelle menée par Biesmeijer auprès d’experts de douze pays européens la première des causes mises en avant pour expliquer ces pertes serait la dégradation des habitats et des ressources mellifères naturelles et agricoles ainsi que, semble-t-il, les concentrations de pesticides. Viendraient ensuite les “facteurs intrinsèques”, à savoir la rareté d’une espèce ou la faible densité de ses populations. Enfin, le mode et la dynamique de leur développement, ainsi que les changements climatiques. On peut s’étonner que ne figure pas la recrudescence des maladies et du parasitage des abeilles sur cette liste. Mais précisons qu’il s’agit ici seulement d’impressions éclairées, pas de données statistiques. Les maladies seraient-elles réservées, d’après ces spécialistes, aux seules colonies d’élevage ? Surprenant ! Pourquoi ces abeilles sauvages passeraient-elles au travers des filets de ces miasmes morbides : par la seule vertu de leur nature solitaire peu favorable aux épidémies ? Ou plutôt parce qu’elles échappent aux études épidémiologiques des spécialistes de l’abeille... ?

                                                                                                                                        © Dominique ge / Picasa album

À l’évidence, malgré ses travaux et ceux présentés à Apimondia par d'autres chercheurs européens, bien des données manquent à l’appel. Notamment sur les relations entre plantes et pollinisateurs, soumises à une série de bouleversements écologiques d’ampleur variable. Méconnaissance aussi sur les compétitions entre ces divers insectes au cours des processus subtils de pollinisation des cultures : qui fait quoi exactement, et pour quel « rendement » en termes de production de graines. Il y a là un bien joli champ d’étude à explorer !


LA SÉRIE...

1 - Un crû honorable.

2 - Un dépérissement qui se confirme et s'internationalise.

4 - L'enterrement du tueur unique.

5 - Revoir les pratiques apicoles trop intensives.

6 - Assurer une diversité mondiales des abeilles mellifères... et des apicultures.

 

[1] Biesmeijer JG et al. (2006) “Parallel declines in pollinators and insect-pollinated plants in Britain and the Netherlands”, Science, 313 : 351-354.

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 03:06

L’enterrement du tueur unique

S’il y a bien un acquis salutaire sortant de ce congrès mondial de l’abeille, c’est la disparition de la thèse du « tueur unique ». Envolé ! Disparu des discours des chercheurs comme des professionnels. Enfin... Les Américains ont confirmé cette inflexion sur les causes du CCD entamée, comme nous le révélions dans notre livre (lire notre article). Ainsi Dennis vanEngelsdorp reconnaissait à Montpellier qu’après avoir longtemps considéré l’acarien Varroa destructor comme le facteur principal sinon unique du dépérissement des colonies américaines, il intégrait davantage le rôle des pesticides. J’avais moi-même dans mon livre évolué sur le rôle de ce facteur au cours de mon enquête : au vu des données toxicologiques issues des laboratoires et malgré la difficulté à les reproduire en champs, il me paraît préférable d’adopter un “principe de précaution” en suspendant la diffusion commerciale des pesticides néonicotinoïdes actuels (Gaucho, Poncho, Cruiser) et du Regent TS sur les cultures visitées par l’abeille. Ce qui ne doit surtout pas empêcher chercheurs publics et industriels de travailler sur des alternatives plus respectueuses des milieux naturels et organismes vivants (lutte intégrée, lutte biologique, traitements biologiques...)

On peut également se réjouir d’une évolution symétrique parmi les organisations apicoles. Notamment chez les syndicats comme l’UNAF ou la Confédération paysanne très en pointe dans la bataille contre le Gaucho et le Regent TS : tout en plaçant en tête de leurs préoccupations ces fameux pesticides, ces organisations intègrent à présent à leur discours les pathogènes – avant tout le varroa – ainsi que le manque d’aliments pour l’abeille dans certaines régions de grandes cultures. Là aussi, il était grand temps !

 

Un nouvel espoir est né à Montpellier

Tout cela est nouveau, malgré les dénégations médiatiques des leaders syndicaux et de plusieurs chercheurs. Nouveau et encourageant. Car cette convergence internationale sur le diagnostic change la donne. Elle laisse en effet entrevoir des avancées prochaines dans la mise en œuvre d’actions salutaires pour les abeilles. Car si, comme nous l’écrivions dans L’étrange silence des abeilles, aucune solution miraculeuse n’existe et ne pouvait donc sortir de ce Sommet planétaire autour de l’abeille, trois types de mesures devraient redonner des couleurs au destin des hyménoptères. D’une part, en améliorant l’environnement des abeilles - de toutes les abeilles, sauvages et d’élevage. Ce qui suppose de réduire l’usage des pesticides dans l’espace rural, et ceux de la famille des néonicotinoïdes en particulier. Car plusieurs conférenciers ont bien montré que des synergies entre des molécules phytosanitaires très diverses pouvaient s’avérer à l’arrivée désastreuses pour les abeilles, même à très faibles doses. Je vous renvoie, une fois encore, à mon ouvrage et à notre article en ligne sur ce point.

                                                                                                                                               © Arehn / Picasa album

Cela passe aussi par la restauration d’éléments semi-naturels dans les milieux ruraux (bosquets, haies, friches fleuries, fauches tardives...) pour mieux nourrir les abeilles tout au long de l’année. Cet enrichissement alimentaire en pollen et nectar pourrait, au passage, limiter la nécessité de devoir déplacer ses colonies plusieurs fois dans l’année pour les alimenter. Et ainsi réduire le stress que ces transhumances ne manquent pas d’engendrer chez Apis mellifera qui doivent chaque fois retrouver leurs « marques » géographiques afin de s’orienter et ne pas se perdre, et découvrir de nouveaux trésors polliniques et nectarifères. Cet enrichissement pourrait également limiter certains apports de sirops sucrés et protéinés, à la fois coûteux et moins bénéfiques à l’abeille que les produits floraux récoltés dans la nature.

Dans les couloirs plus encore qu'à la tribune d'Apimondia, mais aussi parmi l'auditoire des rencontres publiques que j'anime sur le sujet, de plus en plus de personnes suggèrent de réintroduire une simple ruche au fond des jardins, sur les balcons ou les terrasses des citadins, et surtout dans les champs des cultivateurs. Recréer un maillage de pollinisateurs sur l'ensemble du territoire et pas seulement avec Apis mellifera - d'autres espèces solitaires peuvent fort bien coloniser des nids artisanaux, investir les trous d'une simple plaque de bois, etc. Le coup de réapprendre à vivre avec ces insectes précieux, comme nos grands-parents,  de découvrir de plus prés leur biologie , de rétablir des réseaux biologiques et des pollinisateurs là où les milieux se sont appauvris. Le coup d'avoir aussi, sous les yeux, ces "thermomètres" écologiques capables de nous dire par leur activité et leur démographie si notre environnement est riche et sain. Et si en plus ces ruches peuvent nous offrir de temps à autre du miel, ce ne sera que du bonheur !

 

LA SÉRIE...

1 - Un crû honorable.

2 - Un dépérissement qui se confirme et s'internationalise.

3 - Même tendance pour les abeilles sauvages. 

5 - Revoir les pratiques apicoles trop intensives.

6 - Assurer une diversité mondiales des abeilles mellifères... et des apicultures.

 

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 03:05
Revoir les pratiques apicoles trop intensives

Il reste à revoir certainement cette pratique américaine des contrats de pollinisation que nous décrivons dans notre livre. Car ils nécessitent de déplacer des milliers de ruches sur des milliers de kilomètres, et cela plusieurs fois dans l’année. Or, cette apiculture qui n'a cessé de s’intensifier aux États-Unis depuis quelques décennies constitue un véritable cercle vicieux pour la santé des colonies, comme plusieurs chercheurs l’ont pointé au cours de ce congrès : une fatigue et un stress pour les abeilles et leurs éleveurs, une concentration de parasites et de maladies puis leur diffusion à travers les ruchers du pays, l’importation de pathogènes nouveaux sur le sol américain, et l’entretien de monocultures pauvres en biodiversité florales et faunistiques sur de trop vastes espaces. C’est en particulier le cas, dans la Vallée centrale de la Californie, avec ces vergers d’amandiers qui courent aujourd’hui sur quelques 267 000 hectares, une surface sept fois plus grande que dans les années 1960 ! Cette pollinisation en plein mois de février, à une période où l’abeille est censée hiverner dans son nid, nécessite à présent l’action intensive de 40 à 60 milliards de ces ouvrières agricoles ailées : entre la moitié et les deux tiers du cheptel apicole américain, ce que les éleveurs ont de plus en plus de difficulté à garantir aux arboriculteurs.

                                                                                                      Verger d'amandiers en Californie  © Menguy's

Améliorer l’environnement de l’abeille signifie aussi que pour traiter les colonies contre leurs principaux parasites (Varroa et Nosema), les apiculteurs ont besoin d’améliorer leurs formations et surtout de disposer d’outils nouveaux. Plusieurs voies de recherche sont en cours afin d’accroître l’efficacité des traitements biologiques actuels (à base de thymol, notamment), mais aussi pour lutter contre le varroa en lui mettant entre les pattes un champignon pathogène capable de le détruire. Autre voie étudiée aujourd’hui, en France ou aux États-Unis : la sélection d’abeilles mellifères plus résistantes à ce mini-vampire qui leur pompe du sang (l’hémolymphe) et leur transmet divers virus.

 

De nouveaux outils pour suivre les colonies et les floraisons

Pour optimiser les transhumances et surveiller en temps réel les fluctuations de production de nectar par les plantes, un programme américain initié par la NASA a intéressé plusieurs exploitants présents à Montpellier : il s’agit d’installer une ruche témoin, par rucher, sur une sorte de balance capable d’émettre régulièrement à distance le poids de cette colonie afin d’en suivre l’évolution des productions de miel et la population d’abeilles. Cette information, indiquait Wayne Esaias du Centre des vols spatiaux de Goddard, est croisée avec un système d’information satellitaire sur l’évolution du climat (température, vent et humidité) ainsi qu'une cartographie des floraisons actualisée presque en temps réel grâce aux informations de terrain transmises par un réseau croissant de volontaires à travers tout le pays. Ainsi, on assiste à de nombreuses fluctuations des périodes de production de nectars selon les années et les végétaux considérés, a révélé le spécialiste de la télédétection du Maryland, correspondant peut-être aux premiers signes d’un changement climatique global.

Plus précisément, avec une augmentation d’un seul degré Celsius, il a constaté une avance de 12 jours dans la production de nectar de certaines cultures mellifères. Cette précocité des floraisons printanières est surtout marquée dans le sud-ouest du pays ainsi que dans les États de l’Atlantique moyen où ce « flux de nectar » a avancé d’environ 25 jours depuis 1970. À l’inverse, en Arizona, en Géorgie ou en Louisiane, les miellées deviendraient plus tardives – jusqu’à 40 jours de retard enregistrés dans ce dernier État. La raison ? « Cela proviendrait... du réchauffement climatique ! assure Wayne Esaias. Car les étés débordent en quelque sorte sur l’automne dans ces régions. Ainsi la mise en dormance des plantes durant l’hiver est, elle-même, plus tardive. Si bien que les floraisons et nectarification s’avèrent elles-mêmes tardives. » Ces fluctuations du calendrier floral peuvent amener à une désynchronisation entre  l’activité des plantes et celle des abeilles sous nos latitudes. Il a d’ailleurs plaidé pour étendre ce programme à d’autres latitudes et de nouveaux continents afin de vérifier l’impact des changements climatiques sur la flore et les insectes. « Ce système d’information et de suivi à distance m’intéresse vraiment, me confiait à ce propos l’apiculteur du Gard Patrick Genay (Fournes), car on éviterait bien des déplacements inutiles, coûteux et stressant pour nos abeilles. » Il reste à développer des outils à la fois fiables, disponibles et peu onéreux pour les éleveurs à partir d’un tel système.

 

LA SÉRIE...

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3 - Même tendance pour les abeilles sauvages. 

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 03:03
    Assurer une diversité mondiale des abeilles mellifères... et des apicultures.

Parallèlement, la profession a pris la mesure au cours d’Apimondia, grâce aux communications sur l’appauvrissement génétique des cheptels apicoles de nos pays occidentaux, de l’urgence à soutenir plus activement la production de reines et d’abeilles dans chaque pays. Car cette offre élargie de lignées d’abeilles mellifères – notamment d’Apis mellifera en Europe et en Amérique du Nord - permettrait de préserver différents « écotypes » d’abeilles indigènes, mieux adaptées aux conditions climatiques et écologiques locales. Un travail de sélection et de production d’abeilles locales limiterait, en outre, l’introduction massive à l’échelle mondiale de quelques lignées d’abeilles mellifères très productives (jusqu’ici essentiellement d’Apis mellifera), aux dépens de l’élevage d’espèces locales dont l’avenir est de plus en plus compromis.

                                                                                                                                                    © V. Tardieu

Sauver la géante dorsata en Asie !

Cette menace pèse désormais sur l’abeille asiatique Apis cerana que notre abeille occidentale est venue concurrencer au début du XXe siècle pour des raisons de productivité en miel, comme je le raconte dans mon livre. À Montpellier, quelques chercheurs et exploitants chinois ont indiqué développer aujourd’hui des actions de conservation de cette abeille dans plusieurs régions de l’Empire du Milieu. De même, le professeur Benjamin Oldroyd de l’École des sciences biologiques à l’Université de Sydney, réputé pour ses études sur les neuf espèces asiatiques du genre Apis a plaidé une nouvelle fois à Montpellier pour la préservation de ces diverses pollinisatrices. « Elles assurent, en effet, insiste le chercheur australien, la reproduction et la diffusion d’un tiers environ des fruitiers tropicaux, pourvoyeurs de revenus précieux pour de nombreux petits paysans d’Asie du Sud-Est. Leur disparition entraînerait à coup sûr une baisse des productions de ces arbres utiles à l’homme et l’extension des coupes de bois, première cause des pertes d’abeilles sauvages en Asie tropicale. Sans compter qu’Apis dorsata, capable de parcourir des centaines de kilomètres, permet de maintenir plusieurs essences rares, qui fleurissent tout les dix ans et sont dispersées au sein des grandes forêts de Diptérocarpacés de cette vaste région. » Or, cette géante asiatique, qui produit un miel très prisé sur les marchés de toute l’Asie du Sud-Est, fait l’objet d’une chasse particulièrement destructrice. Et tradition religieuse oblige, il est fort apprécié d’offrir à Bouddha un nid de cette abeille, ainsi que du miel ou de la cire aux moines des monastères. Benjamin Oldroyd assure d’ailleurs que l’espèce, ainsi que sa cousine naine Apis andreniformis, a déjà disparu de l’île indonésienne de Bali et il s’attend à d’autres extinctions locales dans un avenir proche. « Il est urgent de connaître ses effectifs et de sa répartition, ainsi que la dynamique de ses populations, si l’on veut sauver cette superbe espèce d’abeille », conclue le professeur de Sydney. En attendant, il réclame un moratoire sur sa chasse. Sujet sensible dans la région.

Justement, Makhdzir Mardan, son collègue du département d’agrotechnologie à l’Université Putra en Malaisie, a rappelé que cette chasse traditionnelle est pratiquée depuis près de 6 000 ans. Autant dire qu’elle est devenue une institution intouchable ! Il a alors exposé ses travaux pour mieux connaître la densité et la répartition des populations d’Apis dorsata. Et cela à travers l’étude par satellite de la répartition de deux arbres (Melaleuca cajaputi et  Acacia mangium) qui constituent sa principale source de nectar et de pollen. Il développe également en direction des « chasseurs de miel » qui détruisent souvent les essaims de cette abeille en récoltant son miel, des techniques de récoltes moins destructives, la délivrance de licence de chasse pour mieux en contrôler le nombre – ce qui demeure difficile. Il promeut enfin la mise en place de supports en forêt pour aider cette abeille à installer ses nids et à croître. Ce qui s’apparente un peu à des “réserves de chasse” d’abeilles. Ce début de domestication d’Apis dorsata est destiné à assurer son avenir ainsi que celui de ceux qui collectent son miel. Durable ?

                                                                                                                                     Essaim d'Apis dorsata

Élever des abeilles autochtones en Afrique et au Brésil

Au Kenya, l’approche est différente avec quatre espèces de mélipones sauvages, mais l’objectif est comparable : préserver et valoriser la biodiversité locale des pollinisateurs. Et en particulier des abeilles sans dards qui pollinisent de nombreuses plantes et plusieurs cultures comme les fraises. C’est ce qu’est venu défendre à Montpellier Joseph Macharia, un jeune apidologue de Nairobi formé en partie par l’équipe britannique de Jacobus Biesmeijer. En implantant des boîtes de petite taille en forêt, il est parvenu à piéger des essaims sauvages de ce groupe d’abeilles. Au sein de ces modestes nids, les mélipones produisent d’ores et déjà 5 kilos de miel par an et le chercheur a pu réintroduire des colonies dans plusieurs localités du pays. « En augmentant la taille de ces boîtes, j’espère que nous pourrons accroître les populations et les productions », précise-t-il. On reste toutefois dans une autre logique que celle de l'apiculture commerciale occidentale : il s'agit plus d'apporter des compléments de revenus à des paysans ayant d'autres activités que, pour l'instant, de créer de nouvelles filières d'élevages apicoles intensifs. 

Jouer et valoriser la diversité des lignées d’abeilles tout en préservant les abeilles autochtones et en évitant les introductions d’espèces porteuses de maladies inconnues pour les abeilles locales, c’est aussi ce que tentent de faire plusieurs éleveurs au Brésil. Ainsi le naturaliste Giorgio Venturieri de Belem, dans le nord du pays, développe lui aussi deux petites mélipones sans dard parmi la centaine d’espèces peuplant l’Amazonie (sur les 391 existant dans le monde) : « Nous testons Melipona fasciculata et M. flavolineata pour polliniser des tomates cerise et des poivrons sous serre. Or leur travail sur les fleurs de tomates accroît sensiblement les productions de fruits et ces abeilles sont particulièrement faciles à élever. »

 

Respecter les rythmes de l’abeille, améliorer et préserver son environnement, réduire sa prédation et ses maladies, développer différentes formes d’apiculture dans le monde avec des abeilles locales : voilà les principes sur lesquels ont semblé s’accorder les milliers d’éleveurs et apidologues venus de plus de cent pays pour ce congrès exceptionnel de l’abeille. Prochain rendez-vous, en 2011, dans la pampa argentine ! Avec le Français Gilles Ratia aux manettes puisqu’il vient d’être élu à la présidence de l’organisation Apimondia.

 

LA SÉRIE...

1  - Un crû honorable

2 - Un dépérissement qui se confirme et s'internationalise.

3- Même tendance pour les abeilles sauvages.

4 - L'enterrement du tueur unique.

5- Revoir les pratiques apicoles trop intensives.

 

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 08:00
Une première évaluation trop... riche ?

   Premier rapport d’étape après deux années et demie de recherche, le document publié fin juin par le Groupe de travail américain sur le  CCD (Colony collapse disorder ou syndrome d’effondrement de colonie) est riche d’enseignements [1]. Un peu trop pour pouvoir y voir clair ? C’est sans doute ce que se diront les éleveurs d’abeilles américains.

 

   À l’instar de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) qui, à la fin de l’année dernière, listait pas moins d’une quarantaine de facteurs à risque pour l'abeille d’élevage (dont 29 agents pathogènes divers et variés) [2], ce rapport américain atteste de la grande diversité des facteurs éprouvant la santé des colonies mellifères. Il reflète également l’étendue des questions traitées par les équipes ayant participé au groupe de travail sur le CCD – issues de vingt-deux universités et quatre laboratoires spécialisés du Département d’État à l’Agriculture (USDA).

 

   Limite de l’exercice : une absence regrettable de synthèse et surtout d’une hiérarchisation des facteurs menaçant les colonies américaines. Après plusieurs années consécutives de sinistres apicoles, on pouvait pourtant espérer que l’horizon des ruchers occidentaux soit un peu plus dégagé. Et cela d’autant plus que certaines équipes américaines esquissent depuis des mois, comme nous le montrons dans  L’étrange silence des abeilles, plusieurs scénarios d’effondrement des colonies à partir des données récoltées. Rien de tel ne transparaît au fil de ces 45 pages de rapport. Pas plus d’ailleurs que dans les 155 pages publiées par l’Afssa, si ce n’est leur insistance sur les dégâts causés par l’acarien Varroa destructor et le manque de soins appropriés apportés par les apiculteurs.


L'apiculteur David Hackenberg de Pennsylvanie, véritable "lanceur d'alerte" sur le CCD aux États-Unis © David Yellen

 

   Excès de prudence ? Désaccord entre les équipes participant à ce Plan d’action contre le CCD ? Absence de certitude ? Les apiculteurs et leurs protégées devront en tout cas patienter avant de connaître quelles mesures ils pourront mettre en œuvre pour sortir de ce long cauchemar.


Cliquez sur l'icône pour télécharger ce rapport (en anglais).



Hiver 2008/2009 moins dramatique que les précédents
Le nouveau relevé effectué aux États-Unis par les inspecteurs apicoles américains (AIA) indique que les pertes totales de colonies entre septembre 2008 et avril 2009 ont été en moyenne de 28,6 % [3]. Contre 35,8 % durant l’hiver 2007-2008 et 31,8 % l’hiver 2006-2007, selon deux enquêtes similaires. Ces données intègrent non seulement les effondrements décrits plus hauts (CCD), mais aussi des mortalités et des affaiblissements sévères dus à divers pathogènes [4]. « Cette diminution des pertes totales est encourageante, mais leur taux demeure tout de même insoutenable pour une apiculture commerciale, commentent les chercheurs de l’USDA qui ont analysé ces données. D’autant plus que la perte moyenne par rucher est passée de 31% en 2007-2008 à 34,2% cet hiver 2008-/2009. » Apis mellifera est loin donc d’être tirée d’affaire...

On attend avec la même appréhension les résultats d’une enquête similaire faite en France, à l’échelle nationale, par le Centre national du développement apicole français (CNDA).

Réponse le 15 septembre à Montpellier.

 

LA SUITE...

(2) UNE MEILLEURE DESCRIPTION DES ÉPISODES D'EFFONDREMENT
(3) LA CULPABILITÉ DES VIRUS RELANCÉE ?ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC MAY BERENBAUM SUR SA NOUVELLE DÉCOUVERTE CONCERNANT LES VIRUS...
(4)  LE RÔLE DU MICRO CHAMPIGNON NOSEMA CERANAE DEMEURE INCERTAIN
(5) L’ACARIEN VARROA DESTRUCTOR N'EST PAS LE TUEUR UNIQUE.
(6) DES RÉSIDUS DE PESTICIDES AUSSI NOMBREUX QUE VARIÉS.
(7) COMBINAISONS EXPLOSIVES !
(8) DES  CARENCES NUTRITIONNELLES INQUIÉTANTES.
(9) UN MARQUEUR DU CCD BIEN ÉTONNANT !


[1] CCD Steering Committee, “Colony Collapse Disorder”. Progress Report. June 2009.

[2] Afssa, “Mortalités, effondrements et affaiblissements des colonies d’abeilles”, novembre 2008.

[3] Dennis vanEngelsdorp, Jerry Hayes et Jeff Pettis, “Preliminary Results: A Survey of Honey Bee Colonies Losses in the U.S. Between September 2008 and April 2009.” Note du 19 mai 2009.  Cette enquête a été menée par téléphone auprès de 20 % des exploitants du pays par les Inspecteurs apicoles américains (AIA).
Cliquez sur l'icône pour télécharger cette enquête (en anglais).

[4] Au total 15 % de toutes les colonies détruites présentaient les symptômes du CCD (disparition des ouvrières et maintien de la reine et des provisions du miel, ainsi que du couvain), contre 60 % des pertes rapportées l’hiver précédent.

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 07:59

Une meilleure description des épisodes d’effondrement

   Une description précise vient (enfin) d’être publiée ce mois d’août par un groupe de chercheurs américains et belges sur les épisodes de CCD aux États-Unis [1]. Cette étude portant en fait sur des échantillons prélevés en 2007 reconnaît tout d’abord les confusions qui ont entaché les rapports successifs qui, depuis trois ans, retracent ces évènements d’effondrement et de disparition des colonies mellifères.


   Comme nous le révélons dans L’étrange silence des abeilles, l’alerte lancée par les professionnels et les chercheurs autour du CCD aux USA s’est accompagnée de confusions sur les symptômes et d’amalgames sur les pertes et l’affaiblissement des colonies. En outre, aucune quantification nationale fiable n’a pu être apportée jusqu’ici tant sur l’ampleur que sur la distribution géographiques de ce syndrome. Ce qui n’a pas empêché les médias du monde entier de présenter le CCD comme une menace extrême pour les ruchers américains, voire du reste de la planète. L’absence  de centralisation des données à l’échelle du pays et de moyens humains pour les vérifier expliquent très largement cet état de confusion. Mais certaines manipulations de l’opinion ont également conforté une telle situation, ne serait-ce que pour récupérer des aides publiques au soutien de l’apiculture et à la recherche sur ce syndrome aux États-Unis. Ce que nous détaillons dans notre livre.

 

Parmi les nombreuses actions de protection des abeilles aux États-Unis, le Service postal diffuse ce timbre créé par Steve Buchanan depuis l'été 2007, en soutien à la North American Pollinator Protection Campaign. Le NAPPC est une coordination d'associations naturalistes et d'instituts de recherche pour protéger les pollinisateurs d'Amérique du Nord.


   Les auteurs de cette étude ont retrouvé 3,5 fois plus de « colonies mortes » et 3,6 fois plus de « colonies affaiblies » dans les ruchers frappés par le CCD que dans les ruchers témoins (réputés sains). Et les scientifiques évoquent une « situation de contagion » aux colonies voisines par les colonies faibles ou mortes au sein des mêmes ruchers, laissant penser à « une exposition à un facteur de risque commun ». En clair, cela ressemblerait plus à une épidémie qu’à une contamination par pesticides, comme nous le rapportons dans les autres chapitres de cette série.

 

Cliquez sur l'icône pour télécharger cette étude (en anglais).


Demain 9 septembre, la suite :

La culpabilité des virus relancée ?

+ Un entretien exclusif avec May Berenbaum, responsable du département d'entomologie à l'Université de l'Illinois, sur les virus tueurs de l'abeille...



LA SÉRIE...

(1) UNE PREMIÈRE ÉVALUATION TROP ... RICHE ?
(3) LA CULPABILITÉ DES VIRUS RELANCÉE ? + ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC MAY BERENBAUM SUR SA NOUVELLE DECOUVERTE CONCERNANT LES VIRUS...
(4)  LE RÔLE DU MICRO CHAMPIGNON NOSEMA CERANAE DEMEURE INCERTAIN
(5) L’ACARIEN VARROA DESTRUCTOR N'EST PAS LE TUEUR UNIQUE.
(6) DES RÉSIDUS DE PESTICIDES AUSSI NOMBREUX QUE VARIÉS.
(7) COMBINAISONS EXPLOSIVES !
(8) DES  CARENCES NUTRITIONNELLES INQUIÉTANTES.
(9) UN MARQUEUR DU CCD BIEN ÉTONNANT !


[1] vanEngelsdorp D et al. (2009) “Colony Collapse Disorder: A Descriptive Study. ” PLoS ONE 4, 8 (sous presse). Divers prélèvements d’abeilles et observations ont été effectués entre janvier et février 2007  pour cette étude, issues de 91 colonies réputées saines ou affectées par le CCD appartenant à 13 ruchers de Californie et de Floride. De nombreuses recherches de pathogènes et de contaminants chimiques, ainsi qu’une évaluation morphométrique, des stocks alimentaires et des teneurs en protéine chez l’insecte, a été conduite in situ et en laboratoires.

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 07:58
La culpabilité des virus relancée ?

    Comme nous l’expliquons dans notre livre, jusqu'ici la piste virale n’était pas retenue par la plupart des spécialistes du CCD pour expliquer les effondrements observés. Et ce nouveau rapport n’apporte rien de plus sur le sujet. Ainsi, sur la bonne vingtaine de virus retrouvés dans les ruches américaines depuis deux ans, les virologistes du Centre biochimique d'Edgewood qui travaille pour la Défense américaine rappellent ici qu'ils ont découvert dans deux colonies un tout nouveau virus – passé totalement inaperçu - transmis par l’acarien  Varroa destructor dans les colonies du Nord du pays. Baptisé VDV-1 (pour virus V. destructor), celui-ci a été identifié pour la première fois en Europe en 2006.  Porté à la fois par l’abeille A. mellifera et par l’acarien qui l’infecte, il est rattaché à la famille des virus paralytiques. Il ne serait toutefois pas responsable du CCD, selon eux.

 

La coloration noire et brillante chez certaines abeilles - au centre de la photo - est due à la perte de leur pilosité, du fait d'un virus qui infecte notamment les cellules du ventricule et du système nerveux de l'abeille. Cette « maladie noire » et de « l'abeille noire » (à ne pas confondre avec le nom, identique, d’une race d’abeille) est parfois appelée « mal de mai » ou « mal des forêts ». (© Rucher Orgival  )
 

   Pas plus responsable d'ailleurs que le fameux IAPV (Israeli Acute Paralysis Virus) qui a défrayé la chronique américaine en 2007 : plusieurs données que nous exposons dans L'étrange silence des abeilles montrent que ce virus de la paralysie aiguë, décrit par une équipe de Jérusalem en 2002, ne peut être considéré comme le killer numéro un des abeilles mellifères – ni des espèces sauvages, alors que ce dernier semble capable de les infecter. Ne serait-ce parce que l’équipe de l’USDA du Maryland a montré qu’au moins une des trois ou quatre souches de ce virus identifiées aux USA était présente sur le territoire américain plusieurs années avant les effondrements de ruchers (CCD). En outre, de part et d’autre de l’Atlantique, l’IAPV n’est pas toujours relié à des mortalités ou à des disparitions brutales et massives d’abeilles. Cela s'explique-t-il par la découverte faire par Diana Cox-Foster à l’Université de Pennsylvanie (PSU) ? Cette virologiste de l'abeille a en effet identifié que certains génotypes d’abeilles mellifères américaines sont capables de tolérer l’IAPV et d’autres virus. À suivre donc.

 

   Plus troublante est la toute nouvelle étude de l'Université de l'Illinois, à Urbana-Champaign, encore sous presse, qui relance avec force la piste virale. Le groupe de May Berenbaum publie en effet dans la livraison du 1er septembre de la revue PNAS des résultats qui vont faire grand bruit. Car ils apportent la preuve qu'une forte infection de plusieurs virus entraîne des dérèglements majeurs dans la physiologie de l'abeille. Et ces dérèglements sont de nature à expliquer les effondrements des colonies (CCD)...

  

   Pour découvrir ce mécanisme viral, lisez notre entretien exclusif avec May Berenbaum, et notre analyse de ses travaux.


Demain 10 septembre, la suite : Le rôle du micro champignon Nosema ceranae demeure incertain


LA SÉRIE...

(1) UNE PREMIÈRE ÉVALUATION TROP ... RICHE ?
(2) UNE MEILLEURE DESCRIPTION DES ÉPISODES D'EFFONDREMENT (CCD)
(4)  LE RÔLE DU MICRO CHAMPIGNON NOSEMA CERANAE DEMEURE INCERTAIN
(5) L’ACARIEN VARROA DESTRUCTOR N'EST PAS LE TUEUR UNIQUE.
(6) DES RÉSIDUS DE PESTICIDES AUSSI NOMBREUX QUE VARIÉS.
(7) COMBINAISONS EXPLOSIVES !
(8) DES  CARENCES NUTRITIONNELLES INQUIÉTANTES.
(9) UN MARQUEUR DU CCD BIEN ÉTONNANT !

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 07:57

   Professeur et chef du département d’Entomologie à l’Université de l’Illinois, May R. Berenbaum est une personnalité forte et une chercheuse très respectée parmi le cercle des spécialistes des abeilles. C’est à elle que l’on doit la coordination de l’imposant rapport du Conseil national de la recherche américaine (NRC) qui a fait date en 2006 [1] : analysant des données bibliographiques depuis 1947, ce rapport pointait un déclin généralisé des pollinisateurs (abeilles, bourdons, papillons, chauve-souris...) aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Ce véritable signal d’alarme a été tiré avant même l’emballement médiatique aux États-Unis sur le CCD. Spécialiste des interactions chimiques entre les plantes et les insectes, c’est tout naturellement qu’elle s’est intéressée aux systèmes de défense des plantes contre les insectes herbivores, aux processus de coévolution entre ces organismes, et ainsi aux pollinisateurs.

  Parmi ses nombreux travaux, l'équipe de May Berenbaum travaille sur le panais sauvage (Depressaria pastinacella).
Comme bien d’autres Apiacées ou Ombellifères, cette espèce contient un poison (des furanocoumarines) qui, au contact de la peau, provoque des cloques douloureuses au soleil. Introduit aux États-Unis depuis l’Europe, la plante s’est largement dispersée, envahissant notamment les friches agricoles, les bords de route et les espaces ensoleillés au nord-est du pays.
L’équipe de May Berenbaum étudie depuis  la chenille Depressaria pastinacella (Lepidoptera: Oecophoridae) - notre photo - elle-même introduite du Vieux-continent au XIXe siècle. Car, dévorant les feuilles de cette plante toxique, l'insecte pourrait peut-être aider à contrôler l'invasion de ce poison végétal.                                                                                 © Andy Daun 


   Dans sa nouvelle étude sur l'abeille[2] conduite par Reed M. Johnson, du même département et actuellement à l’Université de Nebraska (Lincoln), son équipe décrit finement un mécanisme clé pouvant constituer un marqueur du phénomène d'effondrement des colonies d’abeilles aux États-Unis (CCD), si ce n'est l'expliquer. Il s’agit d’un dérèglement génétique causé par des virus à ARN simple brin de l'ancienne famille des Picornavirus (aujourd'hui séparée en plusieurs familles). Soit la plupart des virus de l’abeille connus. Ces virus interfèreraient dans le mécanisme cellulaire, notamment dans l’intestin, en bloquant la production de protéines par les ribosomes[3] des cellules de l’abeille, et en leur faisant fabriquer à la place des protéines virales... D’où un affaiblissement des colonies entraînant leur effondrement.


   Les auteurs de cette publication précisent, par ailleurs, qu’ils n’ont pas observé chez les abeilles des colonies malades (CCD) une expression particulière des gènes de détoxification ni de ceux qui sont impliqués dans la réponse immunitaire de l’insecte contre les pathogènes. Ce qui leur fait conclure que les pesticides ne sont pas la cause de ces effondrements, pas plus que les parasites déjà pointés du doigt. En revanche, May Berenbaum suggère dans notre entretien que c’est bien cette invasion de virus multiples qui est susceptible de rendre les abeilles plus sensibles aux pesticides ou aux parasites.


   On en revient à l’éternelle question de la poule et de l’œuf : qui favorise, en premier, l’invasion des autres et initie ce processus débouchant sur l’effondrement des colonies ? Les virus, comme l’avance May Berenbaum aujourd’hui après d’autres chercheurs ? Les pesticides, comme persistent à le croire une partie de la profession et plusieurs scientifiques ?  Nosema ceranae, selon quelques-uns ?


   Cette question n’est toujours pas résolue. Et affirmer que les parasites ou les pesticides ne causent pas directement ces effondrements, ne veut pas dire qu’ils sont, pour autant, hors de cause. Pas plus que ce mécanisme viral, finement décrit dans cette étude, soit vraiment à l’origine du CCD. Car il faut encore expliquer pourquoi ces virus deviennent tout à coup aussi envahissants. Rien d'évident !

                                                                                                                                © Université de Gembloux

   En effet, les études épidémiologiques conduites depuis quelques années aux USA, mais aussi en France et en Europe, montrent que ces virus sont présents dans la plupart des ruches. Même saines et actives, avant ou après 2005 – lire ci-dessous. Et parfois en nombre, comme nous le rapportons dans Le silence des abeilles. Dans ce livre, nous montrons qu’il y a fort à parier que cette invasion virale est la conséquence d’un affaiblissement physiologique - voire immunitaire - des abeilles. Par qui, par quoi ? Sans doute par les varroas, qui attaquent leur défense et transmettent une belle brochette de virus à leur hôte, mais peut-être aussi par des pesticides voire par le micro champignon Nosema ceranae. Ou par une combinaison de plusieurs de ces « tueurs primaires » de l’abeille, comme on le découvrira dans la suite de notre dossier sur le “CCD aux États-Unis”.


   Ainsi cette étude de l’Illinois, importante et bien menée, n’apporte pas, je crois, un point final au mystère des pertes de colonies d’abeilles. May Berenbaum  a bien voulu revenir, pour ce blog, sur ces questions clés.



Depuis le mois de juin dernier, son département d’Entomologie a ouvert un Pollinatarium au sud de l’Université de l’Illinois. Il s’agit d’un petit musée (et un jardin) accessible au public le week-end et dédiés à la découverte des relations entre les pollinisateurs (insectes, oiseaux et chauve-souris) et les plantes qu’ils butinent. http://www.news-gazette.com/special/soundslides/pollin.cfm

 


- Pouvez-vous nous en dire plus sur l’identité et l’action de ces fameux “picorna like viruses” ?

May Berenbaum: C’est juste le nom d’un type de virus, de la famille des dicistrovirus (Dicistroviridae) qui sont susceptibles d’être en grand nombre chez l’abeille. Il s’agit aussi bien de l’IAPV (Virus de la paralysie aigüe israélienne) [dont on a beaucoup parlé en 2007 aux USA, imaginant que c’était la cause des effondrements des colonies], du DWV (Virus des ailes déformées), du BQCV (Virus des cellules noires de reine) ou du KBV (Virus de l’abeille du Cachemire). Tous ces virus partagent le même mode d’action en détournant l’action des ribosomes, en les reprogrammant pour produire des protéines virales à la place des protéines d’abeilles.

- Votre étude livre une clé de l’énigme sur ces effondrements de colonies aux États-Unis (CCD), mais elle ne lève pas tous les coins du voile. Car nous savons qu’il existe, dans les ruches malades mais aussi au sein de colonies saines et actives, une belle diversité de virus. Et cela de part et d’autre de l’Atlantique. Il reste donc à expliquer comment on passe, assez soudainement, de populations virales “dormantes” au sein des ruches (asymptomatiques) à une invasion aussi destructive...

M. B. : En fait, on a assisté à une augmentation graduelle aux USA du nombre de picorna virus, trouvés parfois chez les abeilles. Ce qui pourrait avoir été une période de rupture, c’est la suspension fin 2004 de l’Honey Bee Act de 1922 [Ce règlement interdisait jusque-là l’importation de reines et d’abeilles des pays situés hors de l’Amérique du Nord]. Et cela pour permettre aux arboriculteurs d’amandiers en Californie de trouver des abeilles, même à l’extérieur du pays [lire notre article sur le sujet]. Ce fut alors la première fois depuis 1922 que des abeilles vinrent aux USA d’un peu partout. Or, dans la mesure où les abeilles sont infectées par différents picorna virus dans plusieurs régions du monde, ce commerce mondial de l’abeille a ouvert la porte à plusieurs virus dans des régions des États-Unis où ils pouvaient être absents. Mais le fait que cinq ou six virus puissent être présents aux USA ne signifie pas nécessairement que chaque abeille individuellement soit infectée par ces cinq ou six virus. Ce que notre analyse génétique (microarray) suggère seulement, c’est que les abeilles, du fait de ces infections virales multiples, ont plus de risque de connaître une perturbation des fonctions de leurs ribosomes.

- Mais ne pensez-vous pas qu’au sein des colonies, ces infections virales sont causées par différents facteurs comme les parasites Varroa destructor et Nosema ceranae ou / et des pesticides, qui affaiblissent préalablement leur organisme ? Ainsi votre étude décrirait en quelque sorte la dernière étape d'un processus complexe conduisant au déclin des colonies.

 M. B. : Le varroa est probablement le vecteur de tous ces virus et c’est certainement l’infestation des ruches par cet acarien qui provoquent ces multiples infections virales au sein des colonies. Quant aux autres scénarios que vous proposez, il n’y a pas d’indication au niveau du génome des abeilles [entre les colonies malades ou saines] qu’il y ait eu une différence d’exposition aux pesticides ou au micro champignon Nosema ceranae. La seule corrélation significative et cohérente que l’on observe [avec le CCD] est cette présence de multiples virus. En fait, c’est plutôt la dégradation des ribosomes qui pourrait rendre l’abeille plus sensible à Nosema, aux bactéries ou aux pesticides. Car les défenses contre ces facteurs d’agression sont initiées par des peptides ou à base de protéines [que les ribosomes des abeilles infectées ne produisent plus ou mal dans ce cas], ce qui n'est pas le cas contre les virus.

- Dans la mesure où les épisodes de CCD ne constituent qu’une petite partie, en réalité, de l’ensemble des cas de pertes, affaiblissement et mortalité des colonies d’abeilles américaines (voir notre encadré), pensez-vous que ces picorna virus peuvent expliquer les autres types de déclin des ruchers aux USA ?

 M. B. : Il y a beaucoup de facteurs effectivement qui tuaient les abeilles avant l’apparition du CCD, qui les tuent encore aujourd’hui et qui continueront à le faire demain. J’ai d’ailleurs dit plusieurs fois dans des conférences publiques que si nous réglons le problème du CCD, l’apiculture américaine ne serait pas entièrement tirée d’affaire. Car les pesticides, les parasites, les pathogènes, les monocultures et les pertes d’habitats, tous ces facteurs à risque pour les pollinisateurs seront toujours là. Et l’apiculture commerciale aura bien d’autres défis à relever dans l’avenir.

 

© V. Tardieu / lesilencedesabeilles.over-blog.com



[1] Committee on the Status of Pollinators in North America, National Research Council (2006), “Status of Pollinators in North America”, 396 pages, Washington.

[2] Reed M. Johnson R. M., Jay D. Evans J. D., Robinson G. E. et May R. Berenbaum M. R. (2009) “Changes in transcript abundance relating to colony collapse disorder in honey bees (Apis mellifera)”, PNAS, 1er septembre 2009, vol. 106, n°35.

[3] L'acide ribonucléique ribosomique (ou ARNr) est le constituant principal des ribosomes dont la fonction est de synthétiser les protéines en décodant l'information contenue dans l'ARN messager.

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 07:56
Le rôle du micro champignon Nosema ceranae demeure incertain

   Dans ce pré-rapport de bilan des études sur le CCD américain, les équipes de l’Université du Nebraska, de l’USDA du Texas et du Maryland ainsi que par l’Université d’État de Washington (WSU) confirment la forte présence du micro champignon Nosema ceranae en terre yankee. Son étendue géographique - du Middle West à l’État de Washington, à l'extrême nord-ouest du pays – n’a d’égal que son développement très élevé dans plusieurs colonies où les chercheurs ont relevé plus d’un million de spores par abeille.


   Identifié en 2005 par l'équipe de l'Espagnol Mariano Higes, coordinateur du Centre apicole régional des communautés  de la Castille et de la Manche, cette espèce de microsporidie peut être fatale pour l'abeille [1]. Ses spores parviennent, en effet, à envahir l’intestin de notre abeille d’élevage et entraînent des lésions irréversibles des cellules épithéliales du ventricule, dans l’intestin moyen de l’abeille. Des bouleversements métaboliques aussi, comme l’altération des acides gras de l'hémolymphe (sang) de l'abeille et, au niveau du cerveau, la réduction des glandes hypopharyngiennes [2].

 

Vues microscopique des cellules épithéliales du ventricule, dans l’intestin moyen de l’abeille, au 7ème jour de leur parasitage par le micro champignon Nosema apis (A) et par l’espèce N. ceranae (B). Difficile à discerner, même par les spécialistes ! Cette dernière espèce dévelope toutefois une plus grande proportion de cellules au stade immature (en rose) que matures (en rouge) que N. apis. Une confirmation par technique génétique, par PCR, est toutefois requise (Martín-Hernandez et al. 2009).


    Il y a quelques jours, l'équipe espagnole montrait dans une nouvelle étude [3] que ce micro champignon résiste à tout ou presque. À la sécheresse comme à des températures élevées (jusqu'à 60 °C durant six heures), ou au froid, puisqu'à 4°C ses spores demeurent viables. Ce qui n'est pas le cas de l'espèce apparentée Nosema apis. Increvable ceranae ? Sa bonne « thermotolérance » explique en tout cas sa prolifération et son maintien dans les ruchers durant toute l'année. En outre, 60°C est souvent la température à laquelle l'apiculteur fond la cire de ses vieux cadres pour la récupérer et faire des amorces de nouveaux cadres. Or, vu la thermotolérance de N. ceranae, il est à craindre, soulignent les auteurs de cette étude, que des microsporidies réinfectent de nouvelles colonies...

 

   Il n’empêche, alors que ce parasite a décimé un grand nombre de ruchers en Espagne,  il semble qu’aux États-Unis ce micro champignon n'est pas systématiquement associé aux pertes d'abeilles. Sur les colonies échantillonnées en 2007 [4], N. ceranae n’a été retrouvé que dans la moitié environ des échantillons d’abeilles prélevées, autant dans les ruchers « sains » (témoins) que dans ceux frappés par le CCD, et cela dans des proportions très variables. Aussi, le groupe d’étude sur le CCD demeure divisé sur la responsabilité de ce parasite dans les effondrements de colonies. Tout comme leurs collègues français. Je vous renvoie, une fois encore, à la lecture de L'étrange silence des abeilles pour mieux comprendre l'importance de ce micro parasite et des mystères qui l'entoure...


Demain 11 septembre, la suite : L’acarien Varroa destructor n’est pas le tueur unique


LA SÉRIE...

(1) UNE PREMIÈRE ÉVALUATION TROP ... RICHE ?
(2) UNE MEILLEURE DESCRIPTION DES ÉPISODES D'EFFONDREMENT (CCD)
(3) LA CULPABILITÉ DES VIRUS RELANCÉE ?ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC MAY BERENBAUM SUR SA NOUVELLE DÉCOUVERTE CONCERNANT LES VIRUS...
(5) L’ACARIEN VARROA DESTRUCTOR N'EST PAS LE TUEUR UNIQUE.
(6) DES RÉSIDUS DE PESTICIDES AUSSI NOMBREUX QUE VARIÉS.
(7) COMBINAISONS EXPLOSIVES !
(8) DES  CARENCES NUTRITIONNELLES INQUIÉTANTES.
(9) UN MARQUEUR DU CCD BIEN ÉTONNANT !


[1]  Son faux jumeau, l’espèce Nosema apis, largement répandue en Europe est, elle, rarement mortelle, mais elle peut provoquer de sévères dysenteries chez l’abeille.

[2] Les glandes hypopharyngiennes ont pour fonction principale de produire et de sécréter la partie protéinique de la gelée royale (l'autre partie étant fournie par les glandes mandibulaires et les glandes salivaires céphaliques), à partir de la digestion partielle du pollen et du miel.

[3] S. Fenoy et al. (2009), “High resistance of Nosema ceranae, a parasite of honeybee, to temperature and desiccation”, Appl. Environ. Microbiol. (sous presse).

[4] vanEngelsdorp D et al. (2009) op. cit.

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