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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 12:05
   On savait que le miel était excellent pour la santé humaine, que la propolis (cette résine végétale collectée par les butineuses pour colmater les parois de leur nid et bénéficier de ses propriétés antiseptiques) présentait bien des vertus thérapeutiques – notamment anti-inflammatoires et antiseptiques. Depuis l'Antiquité, notament en Asie, l'apipuncture est également pratiquée pour stimuler les systèmes immunitaire et endocrinien : il s'agit d'utiliser le venin d'abeille par piqûres ou micro-piqûres sur les points d'acupuncture - l'aiguillon de l'abeille doit rester dans la peau afin que les glandes libèrent leurs agents durant deux à cinq minutes. Le venin d'abeille possèderait des agents anti-inflammatoires jusqu'à cent fois plus puissants que la cortisone, et sans les effets secondaires d'un tel produit. La méllitine, son composé principal, bloquerait en outre le transfert de l'influx nerveux et agirait comme anti-douleur.

   Aujourd'hui, c'est son potentiel anti-cancéreux que l'on vient de mettre en évidence chez les mammifères. Le Journal of Clinical Investigation publie, en effet, ce 10 août une étude[1]  expliquant comment des chercheurs de Saint-Louis dans le Missouri (États-Unis) ont utilisé de minuscules particules contenant de la melittine pour cibler des cellules cancéreuses chez la souris. Appelées « nanobees », celles-ci ont entraîné le ralentissement de la croissance de tumeurs mammaires et de la peau. Plus précisément, l'injection de ces nanoparticules de melittine aurait réduit leur croissance d'environ 25 %.

On voit très nettement sur ce schéma que l'injection de nanoparticules de milittine (principal composant du venin de l'abeille mellifère) empêche le développement des cellules cancéreuses chez la souris au 14ème jour après quatre injections.

   Préliminaires, ces résultats demandent à être confirmés par de nouveaux essais, sur l’animal puis chez l’homme, pour s’assurer du même bénéfice et de l’innocuité de ces « nanobees »  sur notre organisme. On sait pour l’instant que la melittine attaque (toutes) les cellules par leurs membranes puis par leurs structures intérieures, entraînant la « mort cellulaire ». La stratégie des chercheurs a alors été d’intégrer la melittine dans des nanoparticules puis de faire en sorte que celles-ci ciblent essentiellement les cellules cancéreuses. Inoculées par injections intraveineuses sur des souris, ces « nanobees » apparaissent moins toxiques pour les cellules
que par d’autres procédés d’application : aucun signe de rupture des globules rouges du sang des souris ni de dommages de leurs organes n’a été ainsi observé. En outre, en prolongeant le temps d'action de la melittine et en s'accumulant peut-être au sein des tumeurs ciblées, ces « nanobees » s'avèrent plus efficaces sur les tumeurs.

   Ces nanoparticules réduisent également la formation de lésions précancéreuses sur les oreilles de souris atteintes de cancer de la peau. Pour en améliorer l’action, l’équipe doit aussi tester diverses doses et formulations. Autant de (longues) étapes avant une possible thérapie apicole anti-cancéreuse chez l’homme.

[1] Soman N. R. et al. (2009) “Molecularly targeted nanocarriers deliver the cytolytic peptide melittin specifically to tumor cells in mice, reducing tumor growth”, J. Clin. Invest. doi:10.1172/JCI38842 (sous presse).
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Published by Vincent Tardieu - dans Elles sont formidables !
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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 07:32
    Blouse blanche et chambre stérile. Armé d’une pipette, d'une paire de crochets et d’un bon microscope, Bernard Sauvager est en quelque sorte un adepte de l’apifiv : la fécondation in vitro des abeilles !  À Chantepie, près de Rennes, il fait partie de la quinzaine d’apiculteurs bretons engagés dans un programme de sélection toute « chirurgicale » des colonies, avec l’aide de la commission apiculture du GIE Lait-Viande Bretagne [1]. Il prélève le sperme de quelques abeilles mâles (ou faux-bourdons) puis l'insémine dans « la chambre vaginale » de certaines reines. Cette technique, lourde et délicate, tend à sélectionner les individus reproducteurs qui l’intéressent pour certains caractères. De quoi créer la super abeille à cinq pattes, à la fois bosseuse et précoce, tolérante aux maladies, paisible, prolifique dans sa reproduction, et n’essaimant pas spontanément ? De quoi produire à l'arrivée autant de miel avec moins de colonies ? C’est bien sûr le Graal de tous les apiculteurs ! Rien de tel n’est en tout cas possible dans les ruches où d’ordinaire la reine est fécondée par plus de quinze mâles d'affilée, dont plusieurs proviennent de l’extérieur de la colonie. Comme je le raconte dans mon livre, maîtriser dans ces conditions la transmission de tel ou tel caractère d'intérêt identifié chez certaines abeilles devient alors un formidable casse-tête.

    Admirez cette opération exceptionnelle grâce au photographe Joël Le Gall qui vient de publier dans Ouest-France du 23 juillet les étapes de ce travail : http://www.ouest-france.fr/detail_galerie_-Des-reines-d’abeilles-inseminees-a-Rennes_2888-99001_GaleriePhoto.Htm  Magnifique !


[1] Audrey Helleu, “Un apiculteur insémine les abeilles”, Ouest-France, jeudi 23 juillet 2009.

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Published by Vincent Tardieu - dans L'écho des ruchers
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