Vous croyez que les abeilles ne servent qu'à produire du miel ? Vous pensez que les pesticides sont les seuls responsables des malheurs des abeilles ? Ou plutôt qu’il s’agit d’inoffensifs produits chimiques victimes de quelques activistes écolos ? Vous faites fausse route ! Vous êtes curieux de comprendre pourquoi les abeilles disparaissent et pourquoi ce sujet est au coeur de tant de polémiques ? Ce blog est fait pour vous.
Une description précise vient (enfin) d’être publiée ce mois d’août par un groupe de chercheurs américains et belges sur les épisodes de CCD aux États-Unis [1]. Cette étude portant en fait sur des échantillons prélevés en 2007 reconnaît tout d’abord les confusions qui ont entaché les rapports successifs qui, depuis trois ans, retracent ces évènements d’effondrement et de disparition des colonies mellifères.
Comme nous le révélons dans L’étrange silence des abeilles, l’alerte lancée par les professionnels et les chercheurs autour du CCD aux USA s’est accompagnée de confusions sur les symptômes et d’amalgames sur les pertes et l’affaiblissement des colonies. En outre, aucune quantification nationale fiable n’a pu être apportée jusqu’ici tant sur l’ampleur que sur la distribution géographiques de ce syndrome. Ce qui n’a pas empêché les médias du monde entier de présenter le CCD comme une menace extrême pour les ruchers américains, voire du reste de la planète. L’absence de centralisation des données à l’échelle du pays et de moyens humains pour les vérifier expliquent très largement cet état de confusion. Mais certaines manipulations de l’opinion ont également conforté une telle situation, ne serait-ce que pour récupérer des aides publiques au soutien de l’apiculture et à la recherche sur ce syndrome aux États-Unis. Ce que nous détaillons dans notre livre.
Parmi les nombreuses actions de protection des abeilles aux États-Unis, le Service postal diffuse ce timbre créé par Steve Buchanan depuis l'été 2007, en soutien à la North American Pollinator Protection Campaign. Le NAPPC est une coordination d'associations naturalistes et d'instituts de recherche pour protéger les pollinisateurs d'Amérique du Nord.
Les auteurs de cette étude ont retrouvé 3,5 fois plus de « colonies mortes » et 3,6 fois plus de « colonies affaiblies » dans les ruchers frappés par le CCD que dans les ruchers témoins (réputés sains). Et les scientifiques évoquent une « situation de contagion » aux colonies voisines par les colonies faibles ou mortes au sein des mêmes ruchers, laissant penser à « une exposition à un facteur de risque commun ». En clair, cela ressemblerait plus à une épidémie qu’à une contamination par pesticides, comme nous le rapportons dans les autres chapitres de cette série.
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LA SÉRIE...
(1) UNE PREMIÈRE ÉVALUATION TROP ... RICHE ?[1] vanEngelsdorp D et al. (2009) “Colony Collapse Disorder: A Descriptive Study. ” PLoS ONE 4, 8 (sous presse). Divers prélèvements d’abeilles et observations ont été effectués entre janvier et février 2007 pour cette étude, issues de 91 colonies réputées saines ou affectées par le CCD appartenant à 13 ruchers de Californie et de Floride. De nombreuses recherches de pathogènes et de contaminants chimiques, ainsi qu’une évaluation morphométrique, des stocks alimentaires et des teneurs en protéine chez l’insecte, a été conduite in situ et en laboratoires.