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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:08
   L’éclaircie sur le paysage apicole français, apportée mi-janvier par le lancement d’un nouvel Institut technique de l’abeille, aura été brève. Des nuages « toxiques »  s’amoncellent à nouveau sur les ruchers français. Et les mouvements apicoles ont bel et bien déterré la hache de guerre contre deux nouveaux pesticides accusés de vouloir la peau de leurs abeilles.
   Après le Gaucho et le Regent TS, boutés hors des champs tricolores entre 1999 et 2004, c’est au tour du Cruiser et aujourd’hui de Proteus de provoquer l’ire des syndicats d'exploitants. Car ils appartiennent tout deux à cette même famille maudite pour les apiculteurs : celles des néonicotinoïdes, des insecticides neurotoxiques réputés dangereux pour l’abeille lorsqu’elle est exposée. Pourtant, l'industriel Bayer qui diffuse Proteus, et que nous avons contacté, est formel : leur pesticide est sans danger pour l'abeille. Il serait même moins toxique que le Gaucho... Rassurant ? Tous les spécialistes n'en sont pas convaincu. Et paradoxe, l'un de ces maudits néonicotinoïdes poursuit sa conquête discrète dans les jardins et les vergers de l'Hexagone, dans l'indifférence des mouvements apicoles. Chercher la cohérence syndicale !
   À l'heure où se prépare une révision importante en Europe des procédures de mise sur le marché des produits phytosanitaires, les États-Unis bougent (un peu!). Pas sûr que les nouvelles règles du jeu introduites sur le Vieux continent fasse l'affaire des abeilles et des insectes sauvages. Les organisations d'éleveurs affûtent leurs discours. Le printemps sera chaud !

 syrphe et colza (7).JPGC'est un syrphe, appartenant à un groupe de diptères aux allures de fausses guêpes et parfois de bourdons, voire de frelons - ce mimétisme leur permet de mieux échapper à leurs prédateurs ! L'entomologiste de l'École nationale supérieure d'agronomie de Toulouse, Jean-Pierre Sarthou, vient de m'indiquer qu'il s'agit de Scaeva pyrastri. L'espèce qui butine, ici, des colzas ayant envahi une friche agricole, pond des « larves qui sont les auxiliaires les plus efficaces parmi les prédateurs de pucerons des cultures, plus efficaces donc que les coccinelles ! précise le chercheur de l'ENSAT. Malheureusement, très peu de personnes connaissent ces bêtes, alors même que cette espèce est assez courante à l'état larvaire au printemps dans les colonies de pucerons sur rosier. » Pour découvrir ce groupe d'insectes superbe et étonnant, allez donc jeter un œil au site créé par l'équipe de ce chercheur ! (© photo de Laurent Debordes: découvrez d'autres belles photos sur son blog)


LA SUITE...

2. Cruiser s’installe timidement dans les campagnes françaises

3. Le Régent TS va-t-il revenir par la fenêtre ?

4. Proteus, un nouveau cheval de bataille apicole

5. Interview exclusive sur les essais de Bayer sur Proteus

6. Suprême ou pourquoi il vaut mieux être ni riche ni célèbre !

7. Les États-Unis deviendraient-ils plus écolos ?

8. L'Europe à la croisée des chemins

 

 

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Published by Vincent Tardieu - dans Déclin des abeilles
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commentaires

Nicolas 14/04/2010 22:08


Non je n'ai pas d'infos sur les abeilles du canada.

Bonne continuation


Vincent Tardieu 19/05/2010 10:51



Merci pour vos encouragements.



Nicolas 14/04/2010 01:28


Salut,
Votre blog est plutôt sympa je vous rend visite afin de vous montrer une belle photo des ânes de l'île de Ré
http://www.nicolaslizier.com/article-33665607-6.html
Qu'est-ce que vous en pensez ?
Bonne continuation à vous dans vos projets.
Nicolas graphiste


Vincent Tardieu 14/04/2010 08:48



Merci pour ces douces peluches sur pattes ! Et pour votre visite. Et si vous avez des infos sur l'état des abeilles dans la Belle province canadienne, n'hésitez pas à nous en faire part... À
bientôt !


VT



François Garczynski 06/04/2010 15:04


François Garczynski 07.04.10

A Vincent Tardieu

J'ouvre "L'étrange silence des abeilles", emprunté en bibliothèque. Sourcier amateur depuis 1991, en descendant comme des chandeliers des essaims du haut d'arbres de mon ex-jardin (ma femme a fait
de l'apiculture pendant plus de 20 ans, puis nous sommes passés de villa avec jardin en immeuble fin 2006), j'avais détecté que c'était toujours sur des noeuds du réseau Hartmann : pas du tout des
points à cancers comme je croyais d'abord mais tout à fait inoffensifs pour le dormeur habituel, bien qu'on écrive et dise encore le contraire. Les fourmis cheminant en rang d'oignons suivent ses
murs invisibles, leurs fourmilières s'assemblent sur ses noeuds. Mais des cours d'eau souterrains ou d'autres anomalies souterraines fixes peuvent faire mourir des ruches.

Je chercherai en bibliothèque votre "Forêts des hommes. Tropiques saccagés ou sauvés?" de 1992. Comment sauver ces forêts : il n'y aurait qu'à replanter au moins un rang d'arbres (un peu plus pour
faire du bois d'oeuvre) environ tous les 200 m ou un arbre isolé environ tous les 50 m depuis l'équateur jusqu'aux 2 cercles polaires.

Car planter ces arbres-là - une très vieille pratique mondiale notée déjà par Jared Diamond, d'après des souches d'arbres (?) en Nouvelle Guinée il y a 30 000 ans ! - suffit pour multiplier les
récoltes par 2 à 10 en 20 ans, mais non les engrais chimiques qui finalement ne servent strictement à rien. C'est la base du raisonnement pour renoncer aussi aux pesticides chimiques qui vous
inquiètent.

Des agriculteurs bio feraient avec l'arbre comme Monsieur Jourdain avec la prose, sans le savoir. Mieux vaudrait le savoir : Philippe Desbrosses le sait, qui m'a fait l'enseigner à sa ferme de
Ste-Marthe en Sologne de 1995 à 2000, Pierre Rabhi le saurait aussi mais n'y croirait guère...

Si le Jourdain n'est plus qu'un pipi-caca rejoignant la mer Morte, le Colorado qu'un ruisseau rejoignant le Pacifique, et si le niveau de la mer d'Aral chute comme celui de la mer Morte, ce n'est
pas dû au détournement de fleuves pour l'irrigation.

Sans irrigation, ça ferait pareil...faute d'arbres : car c'est comparer la hauteur du mât à l'âge du capitaine...

Comme l'augmentation de CO2 dans l'atmosphère et le réchauffement, car au Carbonifère d'autres réchauffements entraînèrent la raréfaction du CO2, trop littéralement bouffé par le phytoplancton
marin qui devait se rabattre sur le carbone lourd 13C, puis changement climatique catastrophique et re-chute du niveau marin. Dernier réchauffement semblable il y a 90 millions d'ans avec le niveau
marin optimal depuis non retrouvé, le même accroissement bref de 13C dans les dépôts marins et l'augmentation contestée de 02 dans des bulles d'air de l'ambre fossile où des insectes devenaient
aussi silencieux. Teneur en 02 supérieure à 30% entraînant sans doute d'énormes feux spontanés de forêt.

Non, c'est à cause du manque ou de l'absence d'arbres. Pour infiltrer durablement l'eau dans le sol et empêcher l'eau souterraine de remonter depuis la profondeur environ 100 m (nappes en creux au
sud du Sahara, continuant à se creuser non par infiltration mais évaporation finale dans l'atmosphère par alternance entre ascension dans les tubes capillaires et évaporation dans les pores,
d'après l'analyse isotopique), il faut l'arbre.

A cause des facéties des 3 compères potassium, rubidium et césium, aux cations les plus gros dans le cristal mais trop gros pour se mouiller en solution dans l'eau et donc plus petits que leurs
collègues mouillables sodium, calcium et magnésium . Ainsi K+, Rb+ et Cs+ tombent à travers les mailles de l'eau du sol en créant un champ électrique ascendant entraînant Na+, Ca++ et Mg++ avec
dans leurs sillages toute l'eau du sol.

Seuls les protons H+ dus à la respiration de racines d'arbre annulent le champ électrique ascendant dû à K+ etc. en le transformant en un champ électrique vertical alternatif selon les successions
jour-nuit et temps ensoleillé-temps couvert et surtout orageux (ce fut enseigné à l'Ecole nationale supérieure d'agriculture de Montpellier par Louis Salsac, que j'ai entendu ailleurs dans un
certain "Groupe racines" avec géographes, agronomes, forestiers etc.) : d'où ces fameuses oscillations journalières de la nappe phréatique se répercutant sur le niveau fluvial en absence de barrage
seulement au printemps et en été sous herbe, arbuste et arbre. Mais l'augmentation temporaire et locale d'un processus constant et partout en sol non saturé d'eau, d'après l'analyse isotopique
comparée de mois en mois de l'eau des précipitations, du sol et du fleuve.

Merveille de l'arbre et de son télérôle agricole, phytosanitaire (modifiant le réseau Hartmann attirant les arthropodes autour d'arbres, haies et talus) environnemental (aération, dépollution,
protection contre l'érosion) et climatique (faire pleuvoir, diminuer les débits de pointe, augmenter ceux d'étiage et sous-irrigation naturelle) jusqu'à une distance égale à environ 10 fois sa
hauteur, soit à 100 m de l'arbre haut de 10 m.

Raser le petit bois fait couler plus d'eau dans le ruisseau mais raser l'immense forêt tarit le grand fleuve : inversion du rôle hydrologique de la forêt au-delà d'un bassin d'environ 200 km2. Cas
du déboisement partiel du bassin du plus grand fleuve du Guatemala, d'environ 10 000 km2 : l'article de Science ne le dit pas mais planimétrer la carte d'un atlas avec du papier à petits carreaux
vous le dit facilement.

Or une coupe d'éclaircie de 4 km2 au Québec par trouées pas plus larges que 200 m ne change pas le débit du ruisseau. Mystère et boule de gomme?

Cher journaliste scientifique spécialisé en écologie, à discuter 04 76 51 05 90


Vincent Tardieu 07/04/2010 09:56



Merci bien pour votre long commentaire savant sur l'importance du rôle des arbres, via leur système racinaire, dans le maintien de la qualité et de la quantité des eaux de surface, dans les sols,
puis du débit des rivières et des fleuves.


Sans être biochimiste, hydrobiologiste ni spécialiste du sol, votre observation semble en rejoindre bien d'autres que j'ai pu lire et entendre quant au rôle essentiel des arbres pour la vie sur
Terre. Et les émouvants plaidoyers pour l'arbre et pour les forêts primaires du botaniste tropicaliste Francis Hallé le soulignent avec pertinence - lisez à ce propos son dernier ouvrage,
captivant et fort original sur "La condition tropicale" parue chez Actes Sud.


Pour l'abeille, le maintien des bosquets dans le paysage rural est également tout à fait salutaire car, de même que les haies, ils constituent une source d'habitats et d'alimentation précieux à
tous les pollinisateurs, et au-delà à de nombreux insectes et animaux.


Juste une remarque : si l'on veut résoudre la crise actuelle de la biodiversité, je ne crois pas que des kilomètres de plantation d'arbres puissent y répondre. Car une forêt, sa structure, ses
fonctions et sa diversité biologique, ne se retrouve que très partiellement dans un linéaire d'arbres. Et c'est bien d'ailleurs ce que tous les inventaires sur les espèces animales et végétales
en milieu boisé nous révèlent : une forêt n'est pas une simple collection de bois sur patte, mais un complexe de diversité ligneuse, aux structures, aux âges et aux biologies diverses, qui
servent de support à une incroyable diversité biologique, à un réseau vivant incroyable.


Encore merci pour votre contribution !


VT


 



Vincent 23/02/2010 14:29


Réponse à sonja gheysens : Voici la réponse promise ! Elle émane du chercheur en apidologie de l'INRA d'Avignon Yves Le Conte, qui connaît bien les colonies d'élevage et sauvages d'Apis
mellifera.

"Cela peut-être une essaim d'abeilles qui sort du toit et essaime?
Ou bien un essaim qui arrive pour nidifier sous le toit.
Très bonne journée,"
Yves Le Conte

Dans ce cas, je suppose que la colonie transmet les coordonnées en qq sorte à ses descendants, par leurs fameuses danses ? Ou des phéromones (marqueurs biochimiques) indiquent la présence d'un lieu
de nidification possible à des éclaireuses d'essaim cherchant un nid, un peu comme une pancarte lumineuse de bord de route indique une maison d'hôte !
V.T.


gautier 22/02/2010 23:44


Excusez moi si j'ai donné l'impression que vous n'étiez assez militant ce n'était pas du tout le but. Mon commentaire était succinct car je n'avais pas le temps et le problème est bien trop vaste
pour se résumer en quelques lignes c'est pourquoi je recommandais les sites du SAPB et de la FFAP parmi bien d'autres informations accessibles quand on cherche tel que votre site. Mais le but
premier était de diffuser le lien vers la pétition. Pour tout vous dire je n'ai pas lu votre livre peut-être trouverai-je le temps cet été : )


Vincent Tardieu 23/02/2010 00:01


Mais vous êtes toute excusée, cela m'a nullement choqué ou froissé. Et votre premier commentaire rapide m'a donné l'occasion de préciser ma démarche pour les lecteurs, et notamment par rapport à
quelques activistes anti-pesticides qui trouvent que je "n'en fait pas assez" (contre) et d'autres bien complaisants à l'égard du risque chimique, que j'"en fait trop"...
Bonne lecture, en tout cas, lorsque vous aurez le temps ! ;-)


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